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умк Лексикология.doc
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☆

§39. Homonymes

Les honionymes sont des mots qui ont la même forme phonique et deux ou plusieurs sens différents.

Puisque en pnincipe tous les mots peuvent avoir plusieurs sens, il faut établir d’abord la différence entre la polysémie et l’homonymie. Entre les multiples significations des mots polysémiques il y a une certaine parenté, une synonymie quelque vague qu’elle soit. Parmi ces significations il y en a une qui est propre, les autres n’étant que figurées, développées de la première par diverses voies de figuration, extension ou restriction du sens. Au contraire, il n’y a aucune similitude entre les diverses signitications des vrais homonymes, on ne peut établir une “hiérarchie des significations” comme dans les produits de la polysémie courante. Comparons, par exemple, le mot polysémique tête avec les homonymes “la foi” (synonyme de “fidélité”, “croyance”), “une fois” (qui marque la quantité, la répétition) “le foie” (qui désigne un organe annexe au tube digestif).

L’homonmie est absolue ou partielle.

L’homonymie est absolue quand aucun indice de nature orthographique ou grammaticale ne fait distinguer les mots qui diffèrent par le sens: la goutte (petite partie d’un liquide), la goutte (une maladie). Les homonymes de cette espèce sont non seulement homophones (formés des mêmes sons), mais aussi homographes (ils ont la même orthographe).

L’homonymie est patielle lorsqu’ils diffèrent non seulement par leur sens, mais aussi par la forme grammaticale ou par l’orthographe. Par exemple: le mousse — la mousse, le mètre — la maître, mettre. Les homonymes partiels peuvent donc être homographes; mais ils ne le sont pas toujours.

D’après les relations qui existent entre eux, on peut classer les homonymes en deux grands groupes:

1) Les homonymes lexicaux, qui appartiennent à la même partie du discours et ont les mêmes catégories grammaticales. Dans ce groupe entrent tous les homonymes absolus et ceux des homonymes partiels qui ne se distinguent que par leur orthographe, comme:

a) Homomymes lexicaux absolus:

la balle = petite pelote sphérique servant à jouer;

la balle = projectile de certaines armes à feu;

la balle = enveloppe du grain dans l’épi;

la balle = gros paquet de marchandises.

Louer = vanter; louer = donner on prendre à loyer.

b) Homonymes lexicaux partiels:

la faim – la fin; le porc - le pore — le port;

la chair — la chaire; le coup — le coût — le cou.

2) Les homonymes grammaticaux, qui possèdent des catégories grammaticales différentes. Tels sont:

a) Les homonymes grammaticaux appartenant à la même partie du discours, mais qui diffèrent par la catégorie grammaticale:

la balle - le bal; le bout – la boue.

b) Lea homonymes grammaticaux appartenant à des parties du discours différentes:

bon — le bond (au féminin l’homonymie disparaît: bonne);

le bouchon — nous bouchons.

Il y a des séries homonymiques qui comprennent des homonymes de toutes les espèces, par exemple:

– sang, cent, sans, il sent;

– sain, saint, sein, seing, cinq, il ceint;

– le ver, le verre (substance), le verre (récipient en verre), vert, le vers, vers (prépositin), vair.

L’homonymie est un phénomène particulièrement répandu en français. Elle embrasse non seulement des mots isolés, mais aussi des groupes de mots, comme: deux - d’eux - d’oeufs; quelque — quel que; quelquefois - quelque fois; c’est – cesses – s’est, etc. L’homonymie de certains pronoms, adjectifs et adverbes (tout, même) constitue une des difficultés de la langue française.

L’homonymie des groupes de mots et même des propositions, propre au français, donne lieu à un grand nombre de jeux de mots, de calembours, comme: “Quelle fatalité! = Quel fat alité!” “Charles attend = Charlatans”, “Paris est métropole, l’ours blanc est maitre au pôle, Virginie animait trop Paul”.

A la fin du XV-e siècle, l’école poétique des “rhétoriqueurs’ a usé de l’homonymie pour écrire des vers avec des rimes très riches, de plusieurs syllabes. On rencontre, par exemple, des “rimes équivoqueés” dans ces vers du poète Guillaum Crétin:

Je n’ai souci si boeuf ou vache arrête,

Je n’ai le heurt quand vient où va charrette.

On ne connaît pas l’auteur de ces deux vers qui riment d’un bout à l’autre:

Gall, amant de la reine, alla, tour magnanime,

Galamment de l’arène à la Tour Magne, à Nîmes.

Mais le plus souvent l’homonymie des groupes de mots donne lieu à des confusions, à des quiproquos. En voici quelques exemples, donnés par W. von Wartburg sous le titre “Cas pathologiques de la langue françase.” (Evolution et structure de la langue française, pp. 213-214):

Il a une femme qu’il aime (...qui l’aime).

Il est ailleurs — Il est tailleur.

Il est ouvert — Il est tout vert.

Trop heureux — Trop peureux.

L’admiration — La demi ration.

Dans une tragédie de Desportes il y a le vers

“Mais vous, belle tyranne, aux Nérons comparable”, à côté duquel Malherbe a écrit: “tira non nez”.

On considère qu’aucune autre langue europeénne ne connaît au même degré la ”plaie de l’homonymie”. C’est pourquoi, en étudiant le français, il faut prêter une grande attention à ce phénomène, pour pouvoir en éviter les dangers.