Gadamer
L'élève de Heidegger , Yans-Georg Gadamer publia en 1960 l'ouvrage qui passe encore pour son livre le plus important : Vérité et Méthode . Cette œuvre affirme que « la méthode ne suffit pas ». Une œuvre ne peut être expliquée que selon notre propre horizon d'attente. La lecture est faite dans la tension existant entre le texte du passé et l’horizon d’attente actuel.
De plus, Gadamer affirme que « tout texte est réponse à une question. » Si le texte parle encore aux lecteurs présents, c'est qu'il répond encore à une question. Le travail de l'historien est de trouver à quelle question le texte répondait dans le passé et à laquelle il répond aujourd'hui.
La première partie de Vérité et Méthode de Gadamer est consacrée à la dimension universelle de l’œuvre d’art par rapport à une expérience de vérité. Gadamer affirme qu’une œuvre d’art est source de jouissance esthétique et de vérité de l’être. Dans cette perspective, comprendre, c’est alors être saisi par l’œuvre et entrer dans un jeu, car lorsque nous contemplons une œuvre d’art, un tableau, une sculpture, nous sommes emportés dans une réalité qui nous dépasse et nous participons ainsi activement à ce jeu qui nous implique, à la manière d’un joueur de tennis qui répond énergiquement à la balle ou d’un danseur qui suit exactement le rythme de la musique. Ce jeu donne alors naissance à une expérience de vérité qui se situe en dehors de la science. Il donne aussi naissance à une expérience de contemporanéité où la personne impliquée est en mesure de reprendre et d’interpréter le sens passé d’une œuvre dans une expérience actuelle. Ainsi, l’œuvre d’art nous révèle quelque chose d’essentiel sur ce que nous sommes. Elle nous permet donc de nous rencontrer nous-mêmes et par conséquent de faire une expérience de vérité qui nous mène à la compréhension.
Ricoeur
Paul Ricoeur entreprend une herméneutique du soi. Il s'agit de déchiffrer le sens caché dans le sens apparent, d’entrer « dans un univers où règne la polysémie ». voilà ce qu’il dit au sujet du signe : « dans la double fonction du signe je distingue la configuration, qui est la capacité pour le langage de se configurer lui même dans son espace propre, et la refiguration, qui exprime la capacité pour l’oeuvre de restructurer le monde du lecteur en bousculant, contestant, remodelant ses attentes ».
Hans Robert Jauss dans « Pour une esthétique de la réception » (1972), reprenant les enseignements de Gadamer, affinera la théorie herméneutique. Il proposera l'usage d'une « triade » herméneutique pour l'étude des œuvres.
La triade herméneutique de Jauss :
L'interprétation du texte où il faut réfléchir rétrospectivement et trouver les significations.
La reconstruction historique, où l'on cherche à comprendre l'altérité portée par le texte.
La compréhension immédiate du texte, de sa valeur esthétique et de l'effet que sa lecture produit sur soi-même.
L'herméneute qui utilise ce modèle s'implique donc énormément dans l'étude et tente de comprendre la valeur novatrice de l'œuvre.
L’hérméneutique a aussi ses applications pratiques et pragmatiques dans la pédagogie de l’enseignement et de l’apprentissage. Avant tout, c’est la compréhension du texte en général et du texte en langue étrangère en particulier. La lecture est une activité complexe. Il y a plusieurs « lectures », plusieurs
fonctions de la seule activité lexique, plusieurs processus de déchiffrement des textes différents. Il serait donc légitime de considérer qu on apprend ou ré-apprend à lire toute sa vie... On parle donc de l’hérméneutique de la lecture. La langue nous offre six types de communication qui nous permettent de faire six genres de choses. Il s’agit des choses comme 1) le jugement et l’évaluation, 2) la persuasion, 3) l’argumentation, 4) l’exposition rationnelles, 5) les émotions personnelles, 6) les relations émotives.
