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LA LEXICOLOGIE.doc
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☆

11. La dérivation par suffixes. Formation des mots.

La dérivation suffixale est un procédé de formation bien vivant et productif dans le français contemporain.

Pour former les substantifs, on emploie :

- ation - désigne l’action (ex. : alphabétisation) ;

- ade - réunion d’objets de même espèce, un produit (ex. : colonnade) ;

- âge - collection d’objets de même espèce, un état, une action (ex. : un feuillage) ;

-erie - une action, une industrie.

Les suffixes les plus répandus pour la formation des adjectifs :

- ique - l’appartenance à quelque branche scientifique (ex. : philosophique) ;

-al, -el - un sens relationnel (ex. : national, industriel) ;

- aire - (ex. : revolutionnaire) ;

- iste - l’appartenance à une idéologie (ex. : anarchiste) ;

- ien, - éen, - ier - l’appartenance à un pays (ex. : français) ;

- able, -é - la qualité (ex. : confortable, argenté).

La dérivation des adverbes s’effectue à l’aide de l’unique suffixe –ment (ex. : lentement).

La suffixation des verbes :

- is - signifie le fait d’être (ex. : agoniser) ;

- c-, - ifi- - mettre dans un état (ex. : obscurcir, glorifier) ;

- ass-, -aill-, -ot- - une valeur appréciative (ex. : rêvasser, siffloter).

12. La formation par préfixe.

Parmi les formations préfixales la première place revient aux verbes :

dé- - exprime un sens opposé (ex. : boucher → déboucher) ;

ré- - marque la répétition de l’action (ex. : revoir) ;

en-, a- - mettre dans l’état (ex. : rhume → enrhumer, douce → adoucir) ;

mé- - un sens contraire (ex. : fier → méfier) ;

trans-, ex-, in-, sou- - des rapports spatiaux (ex. : transporter, exporter, importer, soutenir).

La préfixation des substantifs :

Dé- (désordre) ; dis- (disproportion) ; in- (inconfort) ; anti- (antifascisme) ; non- (non-participation) ; co- (coproduction) ; auto- (autodéfense) ; rétro- (retroactivité) ; mono- (monobloc) ; super- (supermagasin) ; sur- (surpeuplement) ; hyper- (hypertension) ; mini- (mini-disque) ; micro- (microclimat).

La préfixation des adjectifs :

In- (inexpressif) ; anti- (antidémocratique) ; non- (nondirectif) ; a- (amoral) ; archi- (archiplein) ; sur- (surchargé) ; extra- (extrasensible) ; hyper- (hyperstatique) ; super- (superfin).

13.L’abréviation.

La tendance à l’abréviation s’est accrue depuis la fin du XIXe siècle.

On distingue différents types d’abréviation. Parmi les plus fréquentes sont les troncatures telles que « amphi [théâtre] ; auto [mobile] ; baro [mètre] ; dactylo [graphe] ; kilo [gramme] ; loco [motive] ; métro [politain] ; télé [vision] » qu’on forme en laissant tomber le deuxième élément d’un mot composé.

Généralement on réduit le mot par l’ablation des syllabes finales (apocope), toutefois l’ablation des syllabes initiales (aphérèse) est possible (ex. : pitaine < capitaine ; Ricain < Américain et d’autres).

Un tout autre type d’abréviations est représenté par les sigles, c’est-à-dire des mots formés par la prononciation des lettres ou des syllabes initiales des composants de quelque locution, par ex. : C.G.T. – « Confédération générale du travail » ; O.N.U. – « Organisation des nations unies ».

Par l’abréviation on ne forme pas tant de mots nouveaux que des variantes, généralement des variantes stylistiques de mots existants. Si « métro, auto, dactylo » ont effectivement enrichi le français, « prof, récré, perme, colon, expo » ne sont que des variantes stylistiques de « professeur, récration, permission, colonel, exposition ».

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