- •В.Г. Бунина, м.Л. Петрова Французский язык в специальных целях. Социология. Связи с общественностью. Реклама.
- •Vocabulaire
- •Il croît Ils croissent
- •Vocabulaire
- •Déchiffrez les sigles cnrs, insee, ifop .
- •Répondez aux questions :
- •En vous basant sur les affirmations de Dominique Wolton complétez le texte suivant :
- •2Ème pas : Après avoir entendu tous les commentaires, dressez le bilan des tendances actuelles de la science de la communication française.
- •60 % (Pour cent) des Français
- •Vocabulaire
- •Vocabulaire
- •Des sondés sous influence ?
- •1Er pas : Observez le document ci-dessous. De quel type de document s’agi-il ?
Vocabulaire
jugement (m) суждение
porter un ~ высказывать суждение
autrui другой
d’autrui чужой
appréciation (f) зд. оценка
apprécier qch оценивать ч-л
manifestation (f) зд. выражение, проявление чего-л
se manifester проявляться
diviser en qch разделять на ч-л
subdiviser en qch подразделять на ч-л
intermittent, -e прерывистый, перемежающийся
fréquent, -e частый
continu, -e непрерывный, постоянный
strate (f) пласт, слой, страта
superposé, -e расположенный над другим
commérage (m) сплетни
emprunt (m) заимствование
d’emprunt заимствованный, чужой
(se) juxtaposer располагать(ся) рядом
s’entrepénétrer взаимопроникать
suffrage (m) universel всеобщее избирательное право
omnipotence (f) всесилие
croissant, -e / décroissant, -е увеличивающийся / уменьшающийся
croître / décroître увеличиваться / уменьшаться
loyalisme (m) лояльность
une condition sine qua non обязательное условие
s’entremêler перемешиваться
(s’) activer ускорять(ся)
irréconciliable непримиримый
attester qch свидетельствовать о чем-л
attiser qch разжигать, раздувать
courant (m) зд. направление, течение
humanitaire человеколюбивый, гуманный
Faites attention à la conjugaison du verbe croître
au présent de l’indicatif :
Je croîs Nous croissons
Tu croîs Vous croissez
Il croît Ils croissent
EXERCICES DE LEXIQUE
Exercice 1. Traduisez en russe les expressions et les phrases suivantes :
une conscience nette de la similitude des jugements portés ;
diriger qch à son gré ;
imposer aux discours et aux conversations la plupart de leurs sujets quotidiens ;
suivre l’ornière des pensées d’autrui ;
puiser son intérêt propre dans l’actualité ;
un courant humanitaire ;
ête apte à susciter un courant national ;
Si chacune de ces personnes se croyait isolée dans son appréciation, aucune d’elles ne se sentirait et ne serait pas là resserrée dans une association plus étroite avec ses pareilles, inconsciemment pareilles.
Le journal a transformé, enrichi à la fois et nivelé, unifié dans l’espace et diversifié dans le temps les conversations des individus.
Au lieu de faire se juxtaposer des esprits locaux et distincts, les parlements européens font s’entrepénétrer les expressions multiples, les facettes variées, d’un même esprit national.
Pour en finir avec le rôle social de la presse, n’est-ce pas aux grands progrès de la presse périodique que nous devons surtout la délimitation plus nette et plus large du sentiment nouveau et plus accusé des nationalités, qui caractérise politiquement notre époque contemporaine ?
Exercice 2. Traduisez en russe les séries suivantes :
непримиримые противоречия; новые страты; чужие дела; всеобщее избирательное право; обязательное условие; проявление чувств; сходство высказываемых суждений; подразделяться на группы; различные течения внутри социологии; находиться в постоянном контакте; оживить национальное самосознание; взаимопроникновение культур
Exercie 3. Trouvez dans le texte les synonymes des mots suivants:
d’emprunt, diminuer, un mouvement, l’expression (des sentiments), la toute-puissance, témoigner de qch, constant, une couche sociale, une langue
Exercice 4. Commentez les affirmations ci-dessous:
Plus on remonte haut dans le passé et plus l’opinion locale est dominanate.
Il suffit d’une plume pour mettre en mouvement des millions de langues.
A présent, tout parlement européen, grâce à la presse adulte, est en contact continuel et instantané, en rapport vivant d’action et de réaction réciproques, avec l’opinion, non plus d’une seule grande ville mais de tout le pays dont il est à la fois l’une des manifestations et l’une des excitations principales.
On peut s’étonner de voir, à mesure que les Etats s’entremêlent et s’entre-imitent, s’assimilent et moralement s’unifient, la démarcation des nationalités s’approfondir et leurs oppositions apparaître irréconciliables.
L’existence nationale est bien attestée par le littérature, mais ce sont les journaux qui attisent la vie nationale.
TEXTE 2
LES SONDAGES COMME ARME SYMBOLIQUE
On ne voit peut-être jamais aussi bien le pouvoir spécifique des sondages d’opinion dans le jeu politique que dans les usages stratégiques faits par les journalistes de télévision dans leur lutte pour conquérir une autonomie professionnelle minimale par rapport au pouvoir politique. Le problème de l’information à la radio et surtout à la télévision a été marqué dès l’origine par une lutte dans laquelle hommes politiques et journalistes se sont affrontés pour imposer chacun leur définition de la situation d’interview, et plus généralement leur définition de l’« information objective ». <...> Selon une expression très controversée de Georges Pompidou, les journalistes de télévision n’étaient pas les journalistes « comme les autres », parce qu’ils devaient être « la voix de la France ». Les journalistes qui, à l’origine, étaient sans formation professionnelle, n’étaient que des « présentateurs » et procédaient à des simulacres d’interviews des personnalités politiques en place. Sous l’effet de la concurrence entre médias et de l’importation d’une forme de journalisme plus agressive (« à l’américaine »), cette fraction du champ journalistique s’est progressivement autonomisée par rapport au pouvoir politique. A partir des années soixante, les journalistes, plus souvent formés dans les écoles de journalisme, ont alors mis en avant leur « professionnalisme», c’est–à-dire leur idéologie professionnelle et aussi une pratique qui se veut indépendante du pouvoir politique. Les agents du champ politique ont dû composer avec l’autonomisation croissante de ce secteur du champ journalistique, la ligne de téléphone directe qui reliait les salles de rédaction au ministère de l’information ayant disparu. Les hommes politiques, pour la plupart, ne peuvent plus venir sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio sans y avoir été invités par les journalistes et doivent en outre se soumettre à la logique des médias : il faut, comme disent les journalistes dans leur jargon, que ce soit de « bons clients ».
Dans ce processus de l’émancipation des journalistes par rapport au pouvoir politique, les sondages d’opinion ont été une arme symbolique particulièrement puissante : ils ont, entre autres conséquences, permis aux journalistes de s’opposer légitimement aux hommes politiques puisqu’ils le faisaient avec les armes mêmes du champ politique. Dans la relation qui s’instaurait antérieurement au cours d’une interview entre les journalistes et les hommes politiques, ces derniers étaient les seuls à avoir une légitimité proprement politique, celle qui leur était donnée par l’élection. <...> Le journaliste était réduit à n’être qu’un poseur de questions, et encore ne pouvait-il poser que celles que les téléspectateurs étaient censés se poser. <...> Les sondages d’opinion publiques produits avec l’autorité des politologues qui viennent aux côtés des journalistes de télévision leur ont permis de sortir de cette situation inconfortable puisque les journalistes peuvent désormais opposer aux affirmations des hommes politiques des chiffres de sondages qui sont devenus aussi officiels que ceux de l’INSEE en économie et sont censés livrer la « volonté populaire » mesurée par une instance qui se donne comme neutre et scientifique et s’impose donc aussi bien au journaliste qu’à l’homme politique.
Les sondages ont donné <...> un certain pouvoir aux journalistes politiques de la télévision et de la presse écrite qui, en faisant poser certaines questions, peuvent imposer à la classe politique les sujets de discussions publiques <...>. Régulièrement, ils font même proférer par « le peuple » de sévères jugements sur les hommes politiques en fabriquant, ce qui n’est guère difficile, des questions qui attirent les stéréotypes populaires sur la politique. <...>
Ces questions sont un effet de la relation qui s’est instaurée entre les champs politique et journalistique : elles n’ont pas pour objet de connaître les opinions des citoyens mais visent essentiellement à réaffirmer le pouvoir propre de la presse face au pouvoir politique en cherchant à déstabiliser les agents du champ politique. Sous couvert de consulter scientifiquement « le peuple », les journalistes injurient ainsi rituellement les hommes politiques et les rappellent à l’ordre. Le peuple est utilisé pour procéder en définitive à des règlements de comptes internes à la classe politico-journalistque. Indice que ce type d’enquête dépasse les clivages politiques et relève des relations entre les champs journalistique et politique, tous les journaux parisiens y recourent à tour de rôle, déclenchant à chaque fois, pour quelques semaines, des réactions pleines d’humilité de la part des hommes politiques qui viennent battre leur coulpe dans les médias qui les dénoncent.
La force des journalistes tient au fait qu’ils ont invoqué, contre les hommes politiques, la logique même du champ politique. En multipliant les sondages qui sont comme autant de référendums, les journalistes ont contraints les hommes politiques à jouer à un jeu qu’ils n’ont pas nécessairement choisi. Ils ne peuvent pas, en tout cas, ignorer ces pourcentages qui sont abondamment commentés par la presse et qui sont censés représenter la « volonté populaire ». Si les hommes politiques ne veulent pas se borner à aligner leurs prises de postions sur cette « opinion publique » produite par les instituts de sondages, ils doivent alors consacrer une partie de leur temps à un travail spécifique nouveau qui consiste à la « faire bouger » et à essayer, sans toujours y parvenir, de la mettre de leur côté, ce qui implique la mobilisation de spécialistes en communication (produits en partie per Sciences-Po) et la mise en place de véritables campagnes de presse, qui profitent en premier lieu à la presse elle-même : les déclarations exclusives et les prises de position tonitruantes de leaders politiques, ainsi que les coups « médiatiques » imaginés pour riposter, créent ainsi un jeu et des événements très largement préfabriqués par et pour la presse. <...>
D’après Patrick CHAMPAGNE, Faire l’opinion : le nouveau jeu politique, P., 1990
QUESTIONS
En quoi consiste le phénomène de l’émancipation des journalistes ? Quels facteurs ont contribué à ce processus ?
En quoi les sondages d’opinion profitent aux journalistes ?
*Pourquoi les expressions telles que « l’information objective », « le peuple », « la volonté populaire » sont mises entre guillemets par l’auteur ?
*Commentez le titre du texte. Pourquoi les sondages sont appelés par l’auteur « arme symbolique » ?
