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2015_март ПОИЯ фр. ИО.ГИ. каз.doc
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Musique traditionnelle

Il existe des chanteurs amateurs au répertoire restreint des berceuses et comptines, à la différence des professionnels qui ont un très large répertoire réparti entre divers styles de diverses régions (l'ouest d'une part et le centre, le sud et l'est d'autre part) et divers âges de la vie:

  • l'enfance et ses berceuses est le domaine des femmes;

  • l'adolescence et ses chants de courtoisie sont l'apanage des hommes excentriques appelés sal;

  • l'âge adulte avec ses chants lyriques et ses odes est aussi chanté par des esthètes appelés seri. Ce n'est qu'après avoir parcouru ces étapes que le titre d'akyn pouvait être donné à un jeune chanteur.

Ces akyns (ou aqïn) qui reçoivent en rêve leur don d'improvisation, sont des guérisseurs et des chamanes : ils chantent d'une voix gutturale des épopées (Dede Korkut, Alpamych), des sermons termeh (un «agglutinement» vocal improvisé), des odes maqtau et des chants de conseil tolgaw accompagnés au dombra ou au kobyz. Leur domaine de prédilection sont les chansons rituelles bet achar ou toï bastar pour les noces ou les fêtes toï. Parmi les styles musicaux, on trouve encore le kobizovaia, le sibiz-govaia et le dombrovaia. Enfin, il y a des chansons de deuil (joubatou) et d'annonce de bonnes nouvelles (souinchi).

Ils se regroupent parfois pour faire des compétitions d'improvisations appelées aitys (ouaïtys) avec des chansons à thème social mais rarement politique, en représentant et défendant leurs tribus et ancêtres. Plusieurs styles de joutes poétiques existent : qaqtyghys, takpaktasu, etc.

À côté des akyns, on rencontre les jirau (ou jiraw), compositeurs d'épopée jyr dont les chants sont souvent reliés aux anciens mythes; il en existait beaucoup au XIXe siècle, inspirés des premiers auteurs (kuishi), tels Mahmud Kashgari, Kaztughan, Dospanbet, Shalkiiz, Aktamberdi, Kurmangazy, Madi Bapiuly et Birjan. Ils ont été encouragés par le régime afin de lutter contre les effets secondaires d'une urbanisation trop rapide. Le plus grand chanteur du XXe siècle était une femme: Mayra Shamsutdinova.

Dombra. On trouve des épopée héroïques telle Koblandy Batyr datant du XI siècle ou Er Sain (XVI siècle), et des épopées lyriques telle Kozy Korpech (XV siècle) ou Kyz Jibek (XVII siècle). À partir du XVII siècle, les jirau remplacent le kobyz par la dombra, et le chamanisme recule devant l'Islam.

Datant du XV siècle, la musique instrumentale küy ou kuï est évocatrice de la nature; on n'hésite pas à y imiter des cris d'animaux. Elle reproduit l'organisation spirituelle chamanique à la fois dans la conception de la courte pièce allant des basses vers l'aigu, et dans la dénomination des parties du manche de la dombra. À partir du XVIIe siècle elle a acquis une existence à part du chant.

Pour chaque küy, il y a une version populaire et une plus savante. Il existe là aussi des compétitions appelées tartys où les bardes rivalisent en vertu de leur appartenance tribale ou selon leur obédience à l'école de l'ouest jouant du style tökpe (avec quatre variantes) sur grande dombra, ou à l'école de l'est (du centre et du sud) jouant du chertpe sur petite dombra. Parfois le küy acquiert un caractère satyrique, humoristique ou épique et les bardes redoublent d'invention pour en exprimer le sens de manière comportementale, puisqu'il s'agit de musique instrumentale. Il n'est pas rare de voir un musicien jouer de la dombra ou du komuz derrière le dos, sur la tête, l'instrument renversé, mimant telle attitude, etc. Un proverbe kazakh dit: «Un vrai Kazakh n'est pas un Kazakh; un vrai Kazakh est une dombra.»