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La préfixation. Les préfixes productifs
La préfixation des verbes. Parmi les préfixes verbaux les plus productifs il faut nommer dé-, dés- et r(e)- et la variante ré-. en- (em-) , a, mé- (mes-), contre-: contredire, trans-, ex-, in- (im-), sou-,Les verbes préfixés sont généralement tirés de verbes, plus rarement de substantifs et d ' adj ectifs.
La préfixation des substantifs. Les formations préfixales sont beaucoup plus rares parmi les substantifs que les formations suffixales.
Les préfixes des substantifs les plus répandus sont ceux qui commu¬niquent aux dérivés un sens opposé à celui du mot primitif : dé- (dés-), dis-, in- (im-, ir-, il-), mes- : désordre, désespoir, disproportion, inculture, incroyance, impuissance, irrespect.
Les préfixes les plus productifs de ce groupe sont : anti- qui signifie « dirigé contre » et non- qui confère aux dérivés un sens négatif : antifascisme, antivirus ; non-participation, non-spécialiste.
Le préfixe re-, ré- participe tout autant à la formation des substantifs que des verbes: réapprentissage, réexamen, reculturation.
Parmi les préfixes productifs viennent aussi se ranger co- qui rend l'idée de concomitance et de simultanéité : coexistence, coproduction ; auto- qui signifie « lui-même, par lui-même » : autodéfense, autoguidage; rétro- correspondant à « en arrière » : rétrovision; mono- « un seul »: monobloc, monorail ; bi-----« deux, deux fois » ; biréacteur ; tri-----«trois, trois fois» : triporteur, triplan ; quadri-----«quatre, quatre fois»: quadrimoteur;
poly — « plusieurs, nombreux »: polyculture.
Signalons à part les préfixes d'intensité super-, sur-, hyper-, ultra-, méga(Io): superproduction, supermagasin, surcocktail, hypermarché ;
La préfixation des adjectifs.
Tout comme pour les substantifs les préfixes des adjectifs les plus répandus et productifs sont ceux qui communiquent aux dérivés un sens opposé à celui du mot primitif : in- (et ses variantes), anti-, non-, a-. Les préfixes d'intensité, dont surtout archi-, sur-, extra-, hyper-, super- sont aussi fort productifs dans la formation des adjectifs. La productivité des autres préfixes paraît être plus restreinte.
Préfixes productifs
- dé, dés, di, dis: décharger, désagréable, dissimuler. Servent à former des N, V, adj et marquent généralement l'apposition ou l'éloignement par rapport à l'idée du radical. Parfois dé renforce l'idée du radical: délaisser, démonter.
- co, com, con: cohabiter, composer, condisciple. forment des V, N, adj. rendent l'idée de similitude ou de concomitance.
- contre: contredire. N, V.
- en, em, in, im: enfermer, emplacement, infiltrer. Signification - en dedans. N, V. In - valeur négatif.
- entre, inter: entretien, international.
- sou, sous, sub: soutenir, sous-entendre, subjuger.
- sur, super: surprendre, supermarché.
- outre, ultre: outre-mer, ultraviolet.
Les abbreviations
Une abréviation (du latin brevis, « court », abrégé en "Abr."), est le raccourcissement d'un mot ou d'un groupe de mots, représentés alors par une lettre ou un groupe de lettres issus de ce mot.
L'abréviation consiste donc toujours en une suppression (ликвидация,отмена), plus ou moins importante. Par exemple, c'est-à-dire peut s'abréger en c.-à-d., nous en ns, etc.
Il existe plusieurs méthodes pour abréger des groupes de mots, dont les plus courantes sont la siglaison ou l'acronymie. Le point autre que celui de fin de phrase est souvent l'indice d'une abréviation. Il s'utilise quand la dernière lettre du mot abrégé est elle aussi supprimée : monsieur s'abrège en M. et maître en Me (e étant bien la dernière lettre du mot). Si l'abréviation finit la phrase, le point abréviatif et le point final se confondent.
Le français parlé qui de tout temps a répugné aux mots trop longs continue à les abréger, surtout lorsque l'aspect en révèle l'origine savante. Cette tendance à l'abréviation s'est considérablement accrue depuis la fin du XIXe siècle.
On distingue différents types d'abréviations. Parmi les plus fréquentes sont les troncatures telles que amphithéâtre] — « salle de cours », auto[mobile], cyclo [moteur], barofmètre], dactylo [graphe], kilogramme], qu'on forme en laissant tomber le deuxième élément d'un mot composé. Ces formations apparues dans le parler du peuple de Paris pénètrent de plus en plus souvent dans la langue littéraire. Ce mouvement est allé encore plus loin : on rejette une ou plusieurs dernières syllabes sans se soucier de ce que ces syllabes représentent ou non un morphème. L'abréviation s'effectue même lorsque les syllabes retranchées paraissent être indissolublement liées au corps même du mot af[faire], anar[chiste], accu[mulateur], baccalauréat], collabo [ration-niste], déb [utante] — « jeune fille qui débute dans la vie mondaine », puis « très jeune fille », édito[rial], fac[ulté], fortification], imper[méable], labo[ratoire], 'Huma [nité] et même Saint-Ex (Saint-Exupéry).
