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КУРС ЛЕКЦИЙ - ЧАСТЬ I. МОРФОЛОГИЯ.doc
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☆

Conférence VII

Verbe Plan

  1. Verbe comme partie du discours.

  2. Сlasses sémantico-grammaticales des verbes.

  3. Сatégories grammaticales du verbe (le mode).

____________________________________

1.0. Verbe comme partie du discours. Le verbe représente une des deux parties du discours essentielles. Il se caractérise du côté de la signification, des formes grammaticales et des fonctions syntaxiques.

Au point de vue de la sémantique le verbe dénote une action (Il lit, Il marche), un état (Il dort), une relation (Elle aime les fleurs) sous forme du procès corrélé avec un sujet et se développant dans le temps. C’est par cela que le verbe se distingue d’un N verbal qui aussi peut exprimer une action ou un état mais dans la forme la plus commune sans aucun rapport au temps de l’action ni à un sujet, comparez : Il arrive et l’arrivée.

La fonction essentielle syntaxique du verbe est celle du prédicat propre à la forme personnelle du verbe.

Les catégories morphologiques du verbe sont liées à sa signification commune et à sa fonction syntaxique. Ce sont le mode, le temps, la voix, la personne (avec le nombre et le genre ).

1.1. Parmi les termes liés directement au verbe on distingue les éléments substantivaux appelés a c t a n t s (sujet, objet, instrument etc., exprimés par des N), c i r c o n s t a n t s (circonstances exprimés par des adverbes) et a t t r i b u t s (éléments du prédicat nominal).

Dans les rapports avec les substances et les circonstances différentes se manifestent les p r o p r i é t é s d u p r o c è s qui, à leur tour, se reflètent ou bien dans le lexique du verbe, ou bien dans ses catégories grammaticales. On distingue trois groupes de propriétés d’une action :

  • particularités intrinsèques quantitatives et qualitatives

de l’action telles que : caractère statique ou dynamique, intensité, caractère itératif ou non, durabilité ou achèvement, le rapport au résultat etc. Ces propriétés de l’action sont reflétées dans le lexique du verbe et dans certaines langues (dont le russe) dans les catégories du mode d’action et de l’aspect ;

  • p

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    ropriétés intrinsèques relatives de l’action se manifestant dans ses liens avec les actants. Elles sont reflétées dans la sémantique du verbe, dans les catégories lexico-grammaticales de la personnalité /impersonnalité et de la transitivité et dans les catégories grammaticales de la personne et de la voix ;

  • propriétés extérieures relatives reflétant l’attitude des interlocuteurs au procès (catégorie du mode) ou le rapport temporel de l’action au moment de la parole et à une autre action (catégorie du temps) ;

Les propriétés s’entrecroisent entre elles, p. ex. le mode d’action et la transitivité, l’aspect et le temps. En français on distingue d’habitude 4 catégories morphologiques verbales : mode, temps, personne (avec le nombre et le genre), voix. L’existence de la catégorie de l’aspect est discutable.

2.0. Principes de la classification des verbes. Pareils aux N et aux Adj, les verbes forment des groupes (sub-catégories) qui se distinguent à la base de la réflexion dans les verbes des propriétés du procès décrites ci-dessus :

  • d’après l’indépendance sémantico-grammaticale on distingue verbes outils / semi-outils / pleins (autonomes) ; verbes à prédication complète/incomplète ;verbes anaphoriques;

  • d’après le rapport au sujet on distingue verbes personnels /impersonnels ; selon le rapport au sujet et à l’objet - groupes de valence, y compris verbes transitifs/intransitifs ;

  • d’après les propriétés intrinsèques du procès décrites on distingue verbes perfectifs/imperfectifs ; verbes statiques/ dynamiques.

La sémantique des verbes dépend de leur distribution ; très souvent on voit le passage du verbe d’un groupe sémantico-grammaticale à une autre (récatégorisation) : le V personnel est employé comme impersonnel et inversement ; transitif comme intransitif etc. Très souvent dans les acceptions et emplois différents le même verbe se rapporte aux groupes différents.

2.1. Verbes outils / verbes pleins. Les V outils se distinguent des V pleins par leur désémantisation (perte - complète ou partielle – de la signification) et l’incapacité de former un terme de proposition isolé. En français il n’y a pas de V outils qui se distingueraient formellement des V pleins (comme chez les pronoms ils et eux ; ce et cela). Les V outils y sont des variantes sémantico-fonctionnelles des V pleins : bien des verbes pleins dans des conditions appropriées acquièrent la fonction des V outils. On distingue quelques types fonctionnels de V outils :

  • v

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    erbes auxiliaires faisant partie de la forme morphologique du V plein (morphèmes détachés). Cette fonction est propre à être (aux temps composés et au passif), avoir, et aussi aller et venir de (si l’on envisage Futur et Passé immédiats comme formes morphologiques composées) ;

  • verbes outils proprement dits qui, ne faisant pas partie de la forme morphologique du verbe, constituent avec celle-ci un seul terme de proposition (paraphrase, construction) ; les grammairiens français les appellent parfois V semi-auxiliaires. Ici on distingue deux cas :

  • le verbe a la fonction copulative introduisant l’attribut du sujet : devenir, paraître, se faire, se montrer ou de l’objet : faire, rendre, trouver (Ceci l’a rendu malheureux) ;

  • le verbe forme un prédicat composé avec l’infinitif exprimant des significations aspectuelles, diathésiques, modales : faire, laisser, être en train de, être à etc.

2.1.1. Etre et avoir. Le V être peut être V plein dans la signification d’existence (Cela est = Cela existe) ou de localisation (Il est là). Il est un V outil (semi-auxiliaire) dans la fonction copulative : Il est ingénieur ; Elle est belle ; dans des périphrases du caractère aspectuel ou temporel : Il est en train de (sur le point de, en passe de, près de, loin de) faire qch . Et enfin il est un V auxiliaire dans les formes analytiques : temporelle (Il est venu) et diathésique (Il est aimé).

Le V avoir conserve sa signification autonome dans le sens de la possession : Il a un frère, reçoit la fonction semi-auxiliaire dans la périphrase à sens modal : Il a à vous parler et se manifeste comme un V auxiliaire dans les formes analytiques temporelles : Il a fait son devoir.

Les V avoir et être se désémantisent dans des combinaisons avec des Nv, N de qualité et autres avec lesquels ils forment un seul terme de proposition : Il est en marche ; Elle est au désespoir ; Il a peur ; Il eut un cri. Ici l’action est exprimée par le N et le verbe est porteur des catégories du temps, du mode, de la personne, de la voix.

Très souvent les propositions avec avoir et être sont synonymiques et leur choix est soumis aux règles suivantes :

  • opposition sémantique : avoir souligne le caractère processif , être – le résultat de l’action : L’enfant a grandi et L’enfant est grandi. Cette opposition peut se neutraliser car les deux significations s’entrecroisent : la première passe à la seconde. D’ici on voit des hésitations dans l’emploi de être et avoir (p. ex. chez le verbe passer) ;

  • fonction formelle : être est employé comme V auxiliaire avec les V pronominaux et certains V intransitifs : Il s’est levé ; Il est allé etc.

Souvent ses verbes reçoivent une fonction distinctive distinguant ou bien les significations transitive/intransitive (Il est descendu en bas (au premier étage) et Il a descendu sa valise), ou bien deux significations intransitives : demeurer dans le sens de «оставаться» se conjugue avec être, et dans le sens de «проживать» - avec avoir.

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2.2. Verbes à prédication complète et incomplète. Parmi les V pleins on distingue les V à prédication complète, capables de former une proposition de la façon autonome (Il marche ; Il dort ; Elle lit), et les V à prédication incomplète, qui, sans perdre la plénitude de leur signification, ne peuvent pas être employés sans compléments et/ou circonstances exigés par leur sens : Il fait ses devoirs ; Il se comporte bien ; Il met son livre ici (on ne peut pas dire : * Il fait ; *Il se comporte ; *Il met [son livre] ). A ses derniers se rapportent la plupart des V exprimant des actions ou des relations du caractère abstrait : donner, prendre, appartenir etc. Les V à prédication incomplète sémantiquement ne sont pas des V outils, mais à force de leur signification abstraite et de leur agencement non isolé dans la proposition, ils reçoivent assez souvent une fonction semi-auxiliaire et forment, p. ex ., avec un N abstrait un prédicat analytique : donner la permission (= permettre) ; se mettre en branle (= se branler). Tous les V outils se caractérisent par la prédication incomplète.

2.3. Verbes anaphoriques. Dans la fonction anaphorique les verbes, pareils aux pronoms, dénotent une action non de la façon directe, mais en corrélation avec un autre verbe. Le verbe outil anaphorique par excellence est le V faire qu’on appelle parfois pro-verbe (analogue à pronom) : Il travaille plus qu’il ne faisait l’an dernier. Ne t’agite pas comme tu le fais. En fonction cataphorique le verbe faire se manifeste à l’interrogation : Que fais-tu ? – Je lis, ou dans les phrases du type : Le dernier temps elle ne fait que pleurer.

Dans la fonction anaphorique sont employés les verbes dénotant différents aspects de l’action, tels que :

  • phases : commencer, finir ;

  • faisabilité (осуществимость) : parvenir, éviter ;

  • identité de l’action : imiter, reprendre ;

  • attitude des interlocuteurs envers l’action : accepter, obéir,refuser. P . ex. : - Ne toussez pas ! – J’essaierai (=de ne pas tousser) // Grand offrit au docteur de monter un moment. Rieux accepta (=de monter). Les verbes essayer, accepter ne montrent pas à eux-seuls de quelle action il s’agit (à la différence de tousser, monter), celle-ci se concrétise seulement par son lien avec les verbes employés antérieurement.

2

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.4. Verbes perfectifs et imperfectifs. Selon le caractère du déroulement du procès les verbes se divisent en V. perfectifs et imperfectifs. Les V. perfectifs dénotent une action qui par sa nature peut avoir une limite naturelle. Tels sont : naître, mourir, entrer, sortir, prendre, donner, tomber, arriver, oublier, laisser et beaucoup d’autres. Au résultat de ces actions change la nature ou la position du sujet ou de l’objet , c’est à dire, on peut toujours prédire le résultat de cette action pour le sujet ou /et l’objet de cette action.

Les V. imperfectifs dénotent des actions envisagées seulement dans leur déroulement, des actions qui ne présupposent pas de limite. Tels sont les verbes d’existence (vivre, exister), de relation et de perception (aimer, estimer, voir), des actions et des occupations communes (travailler, parler, chanter, marcher, courir) et autres.

Les V. imperfectifs à la différence des V. perfectifs peuvent être accompagnés des adverbes encore, ne … plus, car l’achèvement d’une action imperfective est déterminée non par l’achèvement intrinsèque du procès mais par la limite temporelle de l’action. P. ex. Il vit encore ; Il travaille encore ; Il marche encore, mais on ne peut pas dire : *Il meurt encore ; *Il entre encore etc . Il ne travaille plus ; Il ne vit plus dans cette ville, mais on ne peut pas dire : *Il ne naît plus ; *Il n’arrive plus .

Les limites entre ces deux groupes de verbes ne sont pas rigides. Un V. imperfectif peut devenir perfectif à l’aide des préfixes : a-, em- : porter – apporter, emporter ; courir – accourir, faiblir – affaiblir, voler – s’envoler ; dormir – s’endormir.

Le même verbe peut être perfectif ou imperfectif en fonction de sa signification. P. ex. : comprendre dans la signification ‘понимать’ est perfectif, dans la signification ‘вмещать’ – imperfectif. Mais même dans la même signification le caractère du verbe peut dépendre de sa distribution, en particulier du caractère animé du sujet, p. ex. : Il sort de sa chambre – action perfective ; Cette rivière sort d’un lac – action imperfective. L’absence du complément forme l’imperfectivité (le verbe dénote ici des qualités ou des états du sujet) : Il fume = Il est fumeur ; Il chante = Il est en train de chanter. La présence d’un complément concret forme la signification perfective : Il fume une cigarette ; Il chante une chanson ; Il construit une maison (ici la limite naturelle de l’action est supposée). La pluralité du sujet ou de l’objet témoigne souvent l’itération de l’action et une action itérative est d’habitude imperfective : Il chante des chansons françaises ; Il fume les mêmes cigarettes ; Il construit des maisons.

E

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n fonction de la perfectivité ou de l’imperfectivité du verbe se distinguent les significations des adverbes accompagnant le verbe. P. ex., toujours avec un V imperfectif peut signifier ou bien ‘всегда’ : Il parle toujours très vite – Он всегда говорит очень быстро ou bien ‘все еще’ : Il parle toujours – Он все еще говорит ; avec un verbe perfectif seulement ‘всегда’: Il arrive toujours à temps – Он приходит всегда вовремя. Encore signifie ‘все еще’ avec un V imperfectif : Il vit encore et ‘опять’ – avec un V perfectif : Pierre est encore allé chez le coiffeur [ 69 ].

2.5. Notion de la valence verbale. La signification d’un verbe se manifeste dans ses rapports au sujet, à l’objet et aux circonstances. La capacité du verbe d’entrer dans les rapports syntaxiques avec les types déterminés de l’extension verbale (приглагольные члены) s’appelle valence dont les particularités et les caractéristiques sont :

  • valence peut être obligatoire (plus ou moins) et facultative. Dans la phrase Pierre a ce livre les deux valences sont obligatoires : sans elles avoir ne peut pas être employé : même dans la réponse il faut dire : Oui, il l’a et non *Pierre a. Dans la phrase Pierre lit une lettre à sa soeur la valence de sujet est obligatoire, celle d’objet aussi mais dans la moindre mesure (on peut dire Pierre lit) mais la valence du Coi est facultative ;

  • fonction syntaxique de l’extension verbale. La valence obligatoire du verbe peut être exprimée par : a) le sujet grammatical : Il dort ; b) les compléments d’objet : accoutumer qn à qch ; substituer qch à qch ; c) les compléments circonstanciels: de manière : Elle se porte bien ; de lieu (auprès les verbes de transposition ou de localisation) : Il met sa serviette sur la table ; Il habite à Lyon ; de temps (auprès les verbes de durabilité) : La séance dure une heure ; de mesure : mesurer deux mètres, coûter cher, peser 60 kilos ;

  • forme grammaticale de l’extension verbale. Celle-ci peut être exprimée par : a) un nom : Je m’étonne de son absence ; b) un infinitif : Je m’étonne de le voir ; c) une subordonnée : Je m’étonne de ce que tu mes dis ; d) un adverbe : aller là-bas ; e) un adjectif : rendre qn heureux ;

  • type d’adjonction de l’extension verbale au verbe :direct ou prépositionnel : aider qn mais nuire à qn ; je lui parle mais je pense à lui.

  • sémantique de l’extension verbale. Chez les N sont très importantes les caractéristiques suivantes du sujet ou de l’objet : animé /inanimé, abstrait/concret, unicité/pluralité. P.ex., le verbe abonder exige un sujet ou un complément au pluriel ou anumérique : Le poisson abonde dans

cette rivière ; Cette rivière abonde en poisson ; le verbe éprouver dans l’acception de ‘чувствовать’ s’agence avec un complément abstrait : éprouver une grande joie, des difficultés ; le verbe manger - avec un sujet animé ;

  • en fonction de la présence des valences, de leurs particularités et de la sémantique de l’extension verbale un verbe peut souffrir des glissements de sens plus ou moins sensibles, p. ex. : Il me donne des conseils et la porte donne sur la rue.

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2.5.1. Groupes de valence. Dans le plan grammatical les valences les plus importantes sont celle de sujet et celle d’objet. En ce qui concerne le sujet, pour le V français il est très important de distinguer les V personnels qui peuvent être employés dans les formes de différents personnes et nombres et les V impersonnels qui ne sont employés qu’à la IIIème personne singulier (Il pleut). On les appelle parfois unipersonnels).

2.5.1.1. Verbes impersonnels décrivent un processus indivisible de sa source. Les V. impersonnels primaires dénotent l’état de l’environnement : le temps, les phénomènes atmosphériques (il pleut, il bruine) ou ils ont une signification modale (il faut) .En qualité d’impersonnels peuvent être employés les V. personnels dénotant l’existence (il existe), l’apparition (Il surgit des nuages dans le ciel), le mouvement (Il arrive un train) et d’autres processus. Les V. impersonnels peuvent être intransitifs (Il pleut), transitifs (Il arrive un train) et bitransitifs (Il me faut ce dictionnaire)

2.5.1.2. Verbes personnels en fonction de la valence d’objet se divisent en quatre types.

  • verbes monovalents (intransitifs) avec la valence de sujet obligatoire mais sans celle d’objet (S + V) dénotent d’habitude : a) l’existence (Cela n’existe pas ) ; b) l’apparition ou la disparition (L’enfant naît ; la douleur a disparu) ; c) un état et son changement (Il dort ; Il s’endormit), d) un mouvement (Le train marche) ; e) une action concentrée dans le sujet et ne passant pas sur l’objet (La terre tourne) ;

  • verbes bivalents dénotent : a) des actions liées à un objet (Elle prépare le repas ), b) des rapports entre le sujet et l’objet (Pierre a une soeur ; Il aime sa soeur), c) un mouvement par rapport à l’objet (Pierre va à Paris). Ces verbes peuvent avoir deux types de constructions : transitive, sans préposition (S + Vt + Cod) : (Il écrit une lettre ;Il a atteint le sommet) et intransitive ou prépositionnelle (S + Vi + Coi) où le N est joint au verbe à l’aide d’une préposition : (Il obéit à son père ; Il est arrivé au sommet) ;

  • verbes trivalents (bitransitifs) (S + Vi + Cod + Coi) sont accompagnés de deux compléments : direct dénotant l’objet subissant l’action du sujet et indirect dénotant une personne ou un autre objet en faveur desquels on produit cette action. Ces verbes peuvent exprimer : a) le transfert des objets matériels – les verbes de donation : donner (Il donne un livre à son ami), fournir, vendre, envoyer etc. et d’«enlèvement» : acheter (une voiture à un voisin), prendre etc. ; b) le transfert de l’information - les verbes de la parole : dire , raconter, expliquer, enseigner, apprendre etc. et de présentation : montrer, présenter ; c) les verbes de déplacement des objets : mettre, placer, attacher etc.

  • verbes quadrivalents où le quatrième actant est facultatif (S + Vt + Coi1 + Coi2) : Il traduit un livre du français en russe ; Il apporte à Marie ce cadeau de Paris.

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2.5.2. Verbes transitifs et intransitifs. La transitivité présente une catégorie sémantico-syntaxique. Son aspect sémantique se manifeste en ce qu’elle reflète la capacité du verbe d’exprimer une action passant sur son objet et comme telle elle réalise un lien sémantique étroit entre le verbe et le complément : le V ne peut pas être employé sans complément à moins qu’il ne change sa signification. Son aspect syntaxique se manifeste en type particulier d’adjonction du complément au V. Les propriétés sémantiques et syntaxiques peuvent coïncider ou non ce qui nous donne 4 types de structures :

Transitivité sémantique

(présence obligatoire du complément)

Transitivité syntaxique

(présence du Cod)

(1) Il marche dans la rue

-

-

(2) Il travaille la nuit

-

+

(3) Il obéit à son père

+

-

(4) Il prend le livre

+

+

Les deux premières structures sont intransitifs : dans l’exemple (2) l’élément la nuit, bien qu’il soit joint au V sans aide de la préposition, représente un Ccirc. de temps et non un complément d’objet. Dans le (4) le verbe est transitif des deux points de vue. C’est le (3) qui est discutable. La tradition grammaticale française rapporte ces verbes aux transitifs distinguant les V. transitifs indirects (ex . (3)) et les V. transitifs directs (ex. (4)).

Suivant la tradition grammaticale russe, en nous basant sur des critères grammaticaux, nous allons envisager les V. transitifs indirects comme intransitifs et nous allons rapporter aux transitifs les V. transitifs directs seuls.

2.5.3. Verbes statiques et dynamiques. La sémantique d’un verbe est liée non seulement à la présence de tels ou tels actants mais aussi à la manière de la modification de ces actants au cours du déroulement du procès exprimé par le verbe. A ce point de vue on distingue les V. statiques et dynamiques :

  • v. statiques dénotent un état, un procès au cours desquels le sujet ou l’objet ne changent pas : Il habite Moscou ; Il dort ; Il a un frère ;

  • v

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     . dynamiques dénotent des processus se déroulant dans le temps dont le résultat présuppose une modification ou un déplacement du sujet ou de l’objet : Il se promène ; Il ouvre le livre ; Il va à sa place ; Il écrit une lettre. Ces verbes peuvent être accompagnés des adverbes indiquant le rythme : vite, lentement.

2.5.3.1. En combinant la valence (la corrélation ou non du processus avec le sujet) et le caractère du processus (statique/ dynamique) les V. personnels se divisent en groupes structuro-sémantiques suivants :

Corrélation du processus avec un actant

Caractère du processus

état (statique)

action (dynamique)

Le processus est renfermé dans le sujet

être (бытие)

exister

4. mouvement

bouger

Le processus est corrélé avec le lieu (localisation)

localisation

se trouver

5. déplacement

aller

Le processus est corrélé avec l’objet

relation

avoir

6. action active

faire

2.5.4. Verbes actifs et inactifs. Ils se distinguent par le degré de la participation du sujet dans le procès.

  • V. actifs soulignent l’orientation de l’action vers le but précis (целенаправленность). Ceux-ci, à la différence des V inactifs, peuvent répondre à la question Pourquoi faire ? et être accompagnés des Ccirc. exprimant l’intention (намеренность) (à dessein, exprès, attentivement). Ce sont : dire, agir, faire, regarder, écouter et autres V de l’action active.

  • aux V inactifs se rapportent les V dénotant une action involontaire, spontanée : rougir, apercevoir, voir, entendre etc. Comparez : Il regarde attentivement le tableau et *Il voit attentivement le tableau.

Le plus grand degré d’activité du sujet se manifeste chez les verbes c a u s a t i f s (ou factitifs) qui indiquent la cause ou expriment l’incitation du sujet à l’action. Les verbes de chacun des six groupes structuro-grammaticaux décrits ci-dessus peuvent avoir leur variantes factitifs : lexicales  (voir - montrer) ou analytiques (constructions causatives : voir – faire voir). Les V causatifs ont une valence de plus que les V décausatifs correspondants. P. ex., V décausatif  V causatif : être créer; se trouver tenir (Mes papiers se trouvent dans ce tiroirJe tiens mes papiers dans ce tiroir); aller envoyer; périr tuer; tomber renverser; ne pas pouvoir empêcher; sortir chasser; avoir donner (= faire avoir); savoir apprendre qch à qn.

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2.5.5. Toute propriété grammaticale liée au verbe incite à distinguer d’autres groupes lexico-grammaticaux. Ce sont, p. ex. les V de phase ayant une signification aspectuelle et indiquant le commencement, le déroulement et la fin de l’action (commencer, continuer, finir) et qui peuvent s’agencer avec l’infinitif. Les V modaux sont étroitement corrélés avec la catégorie morphologique du mode et peuvent aussi s’agencer avec l’infinitif. Ils entrent dans le groupe plus large de V de modus qui dénotent la parole (dire), la connaissance (savoir, apprendre), la perception (voir), le désir (vouloir), l’attitude subjective (regretter) et peuvent se joindre une subordonnée complétive. Il y a encore les V prospectifs (vouloir, décider – dirigés vers l’avenir), les V rétrospectifs (oublier – dirigés vers le passé) et les V performatifs (ordonner, promettre – expriment l’action réalisée par l’acte même de la parole).

3.0. Catégories grammaticales du verbe. Dans la grammaire française on en distingue 4: mode, temps et aspect, personne (avec nombre et genre) et voix dont chacune suscite des discussions des linguistes sur leur inventaire, nomenclature, quantité, sémantique et moyens d’expression.

3.1. Catégorie du mode représente une catégorie grammaticale modificatoire dénotant le rapport de l’action avec la réalité au point de vue du locuteur. Dans la grammaire traditionnelle on en distingue 4: impératif, subjonctif, conditionnel et indicatif. Mais à la suite des particularités de leurs morphologie et sémantique il y a des doutes sur la nécessité d’envisager les formes du subjonctif, du conditionnel ou de l’impératif comme un mode à part. Sans nous arrêter spécialement sur ces discussions (chaque point de vue a ses pour et ses contre) nous allons suivre le point de vue de V.G. Gak qui distingue 4 modes cités ci-dessus dont chacune se caractérise par sa propre sémantique, sa propre forme morphologique et son emploi syntaxique approprié [ 11, 304-305].

3.1.1. L’impératif dénote dans ses formes l’expression de la volonté dirigée sur l’allocutaire. Il se distingue des autres modes dans le plan morphologique : a) il y a des formes qui ne coïncident pas avec l’indicatif mais avec le subjonctif (sois, aie) ; b) il y deux formes dont l’impératif se distingue des deux modes ci-dessus : sachez, veuillez (subjonctif: que vous sachiez, que vous vouliez) ; c) l’absence de -s dans la langue écrite : parle et tu parles. Aux particularités syntaxiques de l’impératif se rapportent le non-emploi du pronom-sujet (Parlez !) et la postposition des pronoms-objets où à la Ière et la IIème personne peuvent être employées les formes toniques moi et toi : (dites-le-moi ; donne-m’en un peu).

En ce qui concerne la sémantique de l’impératif nous en parlerons plus tard. Son rapprochement sémantique des autres modes représente la manifestation de l’asymétrie habituelle dans la langue en général et dans la grammaire en particulier.

3.1.1.1. Fonctions de l’impératif. Il a trois formes personnelles : parle ! parlons ! parlez ! et deux formes temporelles : rédigez ! ayez rédigé ! La forme composée dénote une action terminée avant un moment déterminé à l’avenir : Ayez rédigé votre rapport avant huit jours et vous serez récompensé.

3

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.1.1.1.1. La fonction primaire de l’impératif est l’expression de l’incitation dans toutes ses nuances : ordre, prière, invitation etc. une action exprimée par l’impératif se rapporte d’habitude au plan du futur. Dans la forme négative il exprime la défense : Ne le dites pas !

3.1.1.1.2. La fonction secondaire de l’impératif est l’expression des rapports logiques, le plus souvent de condition ou de concession. Ces significations se réalisent dans une phrase complexe ou il précède d’habitude l’indicatif : Dépends le pendard, il te pendra ; Fais un pas, et je t’assomme ; Continuez, vous ne me convaincrez pas (même si …).

3.1.1.1.3. Les autres modes peuvent exprimer l’incitation dans leurs fonctions secondaires soulignant des nuances spécifiques. L’impératif s’adresse directement à l’allocutaire. L’infinitif dans la fonction d’incitation exprime une action de la façon abstraite sans rapport à un sujet concret : à comparer: Prenez ! et Prendre ces comprimés trois fois par jour ! Le subjonctif exprime non l’incitation mais plutôt le souhait adressé non pas à l’interlocuteur mais à une tierce personne.

3.1.2. Le subjonctif suscite aussi des discussions dues aux particularités de son expression morphologique, de son emploi syntaxique et de sa sémantique.

Mais le subjonctif conserve des marques morphologiques assez caractéristiques ce qui se manifeste dans la spécificité de son paradigme même chez les V. du Ier groupe, mais surtout chez les V. du IIème et IIIème groupes ce qui entraîne la distinction des formes composées : qu’il ait dit et qu’il a dit ; qu’il est venu et qu’il soit venu. La forme du subjonctif est soutenue par la conjonction que dont l’absence témoigne la transposition du subjonctif à l’impératif (aie, sache, sois) ou bien aux locutions phraséologiques : Vive la France ! Plût à Dieu ; ne vous déplaise ; fût-ce etc.

Pour comprendre la nature sémantique de l’opposition indicatif /subjonctif il faut analyser les cas où ces formes peuvent se substituer dans la même distribution et aussi son emploi dans les propositions indépendantes.

Dans les propositions indépendantes le subjonctif exprime le souhait : Qu’il sorte! Mais cette acception ne peut pas être envisagée comme primaire parce qu’elle est ici syntaxiquement inachevée ce qui est témoigné par la conjonction de subordination que et présuppose un verbe régissant (je veux, dites, il faut etc). L’emploi du subjonctif dans les propositions indépendantes se manifeste comme sa fonction secondaire.

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ans les cas où le subjonctif alterne avec l’indicatif (les subordonnées relatives : Je cherche un livre qui … ; complétives après beaucoup de verbes et locutions verbales : Je ne crois pas que …, après le superlatif : le meilleur, le seul etc ; et dans certaines circonstancielles : après de sorte que … ) les faits montrent que le choix du mode dépend non des conditions formelles mais des intentions du sujet parlant. P. ex. comparons les phrases : Je cherche un homme qui sait (qui sache) l’anglais ; J’ouvre la fenêtre de sorte que je peux (je puisse) voir la forêt. Avec l’indicatif le fait est présenté comme existant (il y a un homme connaissant l’anglais et je le cherche ; par la fenêtre on peut voir la forêt). Avec le subjonctif l’action est présentée comme incertaine (peut-être n’y a-t-il pas d’homme ; on ne peut pas voir la forêt par la fenêtre).

De cela résulte que le subjonctif et l’indicatif expriment l’opposition possibilité/réalité qui sont les catégories reflétant les niveaux essentiels du déroulement du phénomène. La réalité est une notion plus riche et plus concrète que la possibilité ce qui se reflète dans la diversité des formes temporelles de l’indicatif qui embrassent trois plans : passé, présent et futur.

3.1.2.1. Sémantique du subjonctif. Dans les exemples cités le subjonctif exprime la possibilité à l’état «pur ». Mais cette possibilité de l’événement est interprétée par la conscience du sujet parlant à travers sa volonté, activité, connaissances ou sentiments. Chacun de ses aspects ajoute à la signification commune de possibilité sa nuance : « volonté + possibilité» forme l’incitation, un voeu, un ordre (le locuteur veut que le possible se réalise) : Je veux que vous veniez ; « activité + possibilité» forme la signification du but et de la conséquence (le sujet parlant agit pour que qch ait lieu) : Je vous donne ce livre pour que vous le lisiez ; «connaissances + possibilité» forme la signification du doute : Je doute qu’il soit venu ; « sentiments + possibilité» forme la signification subjective reflétant l’attitude du sujet parlant à ce que le fait devienne ou ait devenu possible : Je crains qu’il ne tombe malade ; Je regrette qu’il soit parti.  Le dernier exemple montre que le subjonctif n’est pas un mode d’irréalité : il peut exprimer des événements ayant eu lieu dans la réalité mais à condition que le sujet parlant exprime son attitude à la possibilité même de l’accomplissement de cet événement.

3.1.2.1.1. Subjonctif dans la subordonnée complétive. Ici la proposition principale exprime le modus (l’attitude du sujet parlant envers l’énoncé : ses connaissances, sa parole, son attitude subjective) et la subordonnée – dictum – l’énoncé même du fait. Au cas où l’énoncé dénote la possibilité, une modalité subjective, celle-ci est exprimée dans les deux parties de la phrase : dans la principale – par le verbe du modus et dans la subordonnée - par le subjonctif du verbe du dictum. A comparer : réalité (certitude) : Je sais qu’il viendra demain et possibilité (incertitude, souhait, voeu etc.) : Je doute qu’il vienne demain ; Je veux qu’il vienne demain.

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3.1.2.1.2. Subjonctif dans la subordonnée circonstancielle. Dans ce cas on ne peut pas envisager l’emploi du subjonctif comme sa dépendance formelle de la conjonction. Il est employé après les conjonctions exprimant la possibilité voilà pourquoi ici il faut parler non de la dépendance unilatérale mais plutôt de la concordance. Il est employé de préférence quand il s’agit d’une action au futur, moins déterminée que l’action au présent ou au passé. Après les conjonctions avant que, en attendant que, jusqu’à ce que (événement postérieur) est employé le subjonctif tandis que après après que, depuis que (action antérieure) la norme exige l’emploi de l’indicatif. Après pour que (but – événement postérieur) – subjonctif, après parce que (cause - action antérieure) – indicatif. L’emploi du subjonctif après les conjonctions pourvu que, sans que, à moins que et autres est dû aussi au caractère suppositif de l’action. L’emploi du subjonctif après les conjonctions concessives souligne la non conformité de l’action de la subordonnée à ce qui pourrait être logiquement lié avec l’action de la principale (ici l’action réelle est présentée comme non effective et par conséquence, irréelle ): Bien qu’il soit malade, il travaille.

        1. Fonctions essentielles du subjonctif. De tout ce qui a été dit il résulte que le subjonctif possède ses propres formes et sa propre signification et doit être envisagé comme un mode à part. La fonction e s s e n t i e l l e du subjonctif a deux aspects :

  • sémantique : quand le subjonctif exprime la représentation par le locuteur de l’action comme possible. Cette signification principale est complétée par différentes appréciations, reflétant la présentation de l’action par le sujet telles que : désir, doute, nécessité, appréciation émotive, conséquence, concession, attente, but etc. ;

  • structuro-syntaxique : puisque la fonction sémantique essentielle du subjonctif est réalisée dans les conditions de la corrélation syntaxique, c’est-à-dire, la corrélation de cette action avec celle de la principale dont le résultat est qu’il indique la subordination et est employé presque exclusivement dans les subordonnées.

Ces deux aspects se réalisent simultanément. C’est par l’union de ces deux aspects que le subjonctif se diffère des autres formes modales. Ainsi le conditionnel peut exprimer une action possible mais sans l’expression de la subordination syntaxique ; l’indicatif peut exprimer la subordination syntaxique (Je sais qu’il part) mais sans l’expression de l’indétermination de l’action.

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3.1.2.3. Fonctions secondaires du subjonctif. Ici on distingue avant tout les fonctions asémantiques où le subjonctif perd sa propre modalité et reste comme marque de la subordination syntaxique, p. ex. son emploi dans la subordonnée préposée à la principale : Qu’il l’ait fait de bon coeur, c’est certain. Le subjonctif peut avoir la fonction distinctive par rapport au verbe de la principale, p. ex . : Il dit que son frère part (dire = сообщать), Il dit que son frère parte (dire = приказывать).

Le subjonctif fait partie des locutions figées en fonction des conjonctions : fût-il, ne fût-ce que (concession), n’eût été (condition), soit … soit (choix).

3.1.3. Conditionnel. Les discussions sur la position du conditionnel dans le système verbal sont dues au fait qu’il représente un exemple frappant d’asymétrie entre la forme et le contenu. Dans le plan de la forme le conditionnel à la différence des trois autres modes n’est pas le résultat du développement des formes correspondantes latines, mais une nouvelle formation romane. Ses marques morphologiques appartiennent à l’indicatif puisque comme le futur il est formé de l’infinitif mais à l’aide des désinences de l’imparfait.

Dans le plan du contenu la forme en –rait a deux emplois essentiels :

  • modal: l’expression de supposition (Il le ferait volontiers)ou d’une action dépendant d’une condition (S’il faisait beau, on irait se promener). Voilà pourquoi le terme «условное наклонение » n’est pas exact, puisque le conditionnel exprime non une condition, mais une action conditionnée (sa conséquence) [ 33, 874 ]  ;

  • temporel : l’expression de l’antériorité par rapport au passé (futur dans le passé) : Il a dit qu’il viendrait.

La difficulté de l’interprétation du conditionnel est due à l’installation de la proportion entre ces deux significations.

3.1.3.1. Fonctions du conditionnel. Il s’emploie dans des propositions indépendantes et dans différents types de subordonnées, avant tout – complétives, relatives, plus rarement – dans les subordonnées de condition.

3.1.3.1.1. La fonction essentielle du conditionnel est d’exprimer une action éventuelle. Une action éventuelle est une action p o t e n t i e l l e, supposée, liée à des conditions appropriées. Dans la signification du conditionnel s’unissent les sèmes «possibilité» + «prospectivité» (tendance à l’étape postérieure) + « condition». Dans les significations différentes du conditionnel les proportions entre ces trois sèmes peuvent changer. P. ex. le sème «prospectivité» peut s’effacer . La condition est exprimé de la façon la plus explicite dans une subordonnée de condition : Si je te demandais de partir avec nous, tu le ferais. Mais elle peut être exprimée par un terme de proposition qui de la façon implicite ou plutôt réduite représente une condition : Demain, il aurait été trop tard (= si on faisait cela demain …). Le sème « possibilité»  est exprimé dans la proposition relative : Je cherche quelqu’un qui pourrait l’aider.

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3.1.3.1.2. Les fonctions secondaires se manifestent très souvent dans la distribution particulière du conditionnel. Dans le plan sémantique elles sont liées à l’affaiblissement du sème «condition», parfois – du sème « prospectivité» ou du sème «possibilité» :

  • à l’affaiblissement du sème «condition» le conditionnel peut exprimer une s u p p o s i t i o n : Elle serait malade, pensa-t-il ;

  • la supposition se trouvant à la base d’une autre action peut recevoir la nuance de c o n d i t i o n - c o n c e s s i o n. Le conditionnel reçoit cette signification dans la proposition principale (la signification concessive - даже если бы … - est conditionnée par la négation dans subordonnée) : D’ailleurs, on le voudrait qu’on ne retrouverait le bracelet semblable ; // Les aurait-il lus (= ces papiers), qu’il n’aurait pas su y déceler les pièges dont ils étaient semés ;

  • une action éventuelle est une action moins déterminée, moins réelle et catégorique qu’une action exprimée par l’indicatif. Le conditionnel employé à la place de l’indicatif exprime l’a f f a i b l i s s e m e n t d e l a r é a l i t é de l’action et comme suite se forment les significations modales suivantes :

  1. affirmation non catégorique (souvent dans des propositions interrogatives) : Tu voudrais t’en aller, Frank ?

b) expression atténuée d’une incitation, d’une prière, d’un conseil : Voudriez-vous fermer la fenêtre? Vous devriez acheter ce livre;

c) affirmation sans garantie d’authenticité au transfert de l’information issue d’une autre personne. Dans ce cas l’énoncé est conditionné non par un autre événement, mais par une opinion, dans ce cas par l’opinion issue d’une source étrangère : La catastrophe aurait fait dix morts (=selon les informations) ;

  1. action imaginaire : Jouons avec le chat. Ce serait ma fille. Je serais une dame ;

  2. prédisposition à une action : Je passerais un mois au Caucase.

  3. négation catégorique d’une action comme impossible (à

l’interrogation) : J’aurais fait cela ? - Чтобы я сделал такое?!

3.1.3.1.2.1. Au transfert de l’action dans le plan du passé l’éventualité de l’action se réduit car le plan du passé se présente comme plus déterminé que le plan du futur. Comme suite le sème « prospectivité» efface toutes les autres sèmes et le conditionnel reçoit une s i g n i f i c a t i o n t e m p o r e l l e exprimant  la postériorité de l’action par rapport au passé (futur dans le passé) : Il dit qu’il viendrait dimanche. De cette façon le futur dans le passé représente une des variantes sémantico-fonctionnelles du conditionnel. Ce qui le distingue de l’indicatif c’est que :

  • i

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    l n’exprime pas toujours une action complètement actualisée, déterminée;

  • cette signification s’y réalise dans des conditions spécifiques – dans les subordonnées seulement, tandis que les autres formes relatives au passé (plus-que-parfait) conservent cette signification dans tous ces emplois.

3.1.3.1.2.2. Le conditionnel est employé dans des locutions figées exprimant la similitude : On dirait qu’il va pleuvoir // Je sens comme qui dirait une brûlure et dans la conjonction composée ne serait-ce que.

3.1.4. Système des modes du français. Le verbe français inclut 4 modes: indicatif, impératif, conditionnel, subjonctif.

L’indicatif représente une action comme déterminée, complètement actualisée, différenciée dans le temps. On l’appelle mode d i r e c t. Les trois autres modes qu’on appelle i n d i r e c t s représentent une action comme possible, actualisée de la façon partielle, incomplète. Ils expriment la représentation du sujet parlant sur le moyen de liaison de l’action avec la réalité [21]. A cause de cela les formes temporelles y sont moins différenciées.

Les modes indirects sont orientés à l’avenir ce qui est lié à son actualisation incomplète, le caractère potentiel de l’action.

L’impératif représente une action possible comme telle qui doit être réalisée, exprime la nécessité basée sur la volonté du locuteur.

Le conditionnel représente une action possible comme conditionnée par des circonstances objectives, comme dépendant des suppositions du locuteur.

Le subjonctif représente une action de la façon la moins déterminée comme une action non affirmée dépendant des jugements, voeux, sentiments, circonstances. Il indique le moyen subjectif de la perception et de la description de l’événement. En schématisant on peut dire que l’impératif reflète la volonté, le conditionnel – la pensée et le subjonctif – les sentiments du sujet parlant.

Cette différence sémantique conditionne leur distribution syntaxique différente. L’indicatif est employé dans tous les types de propositions, le conditionnel - le plus souvent dans la principale, plus rarement – dans la subordonnée, l’impératif – exclusivement dans une proposition indépendante à un terme essentiel. Enfin le subjonctif - dans la subordonnée de préférence.

Se distinguant dans leurs significations primaires les modes peuvent s’approcher dans leurs fonctions secondaires. P. ex. l’incitation peut être exprimée non seulement par l’impératif, mais aussi par l’indicatif et le subjonctif : Venez demain ; Vous viendrez demain ; Qu’il vienne demain.

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