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КУРС ЛЕКЦИЙ - ЧАСТЬ I. МОРФОЛОГИЯ.doc
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2. Fonctions grammaticales des prépositions.

2.1. Fonction essentielle de liaison. La destination essentielle de la préposition est la liaison des mots au sein d’une proposition dont le cas le plus caractéristique est celui de la liaison d’un V avec un N subordonné : Il donne son livre à Jean ; Il va chez son frère.

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’est ici que la préposition conserve sa signification essentielle primaire. La construction prépositionnelle peut être représentée par la formule ArB où r – préposition et A et B sont respectivement élément régissant et élément subordonné d’un groupement de mots. Dans la fonction subordonnée outre un N peuvent être employés les autres PdD :

  • pronom : pensez à nous ;

  • infinitif : commencer à travailler ;

  • adjectif : chauffer à blanc ;

  • adverbe : venir de loin ;

  • numéral : plier en deux.

L’élément régissant peut aussi avoir différente forme morphologique:

  • infinitif et participe : penser à cela, pensant à cela, aimé de ses amis ;

  • adjectif : difficile à croire ;

  • adverbe : loin d’ici ;

  • Num. : deux de mes amis ;

  • pronom : chacun de nous, qui de vous ;

  • nom : le livre de Pierre ; un homme aux cheveux blancs.

2.2. Autres fonctions grammaticales de la préposition. Les fonctions de la préposition sont déterminées par les facteurs suivants :

  • reliant deux termes de proposition, la préposition peut former des groupements de mots de stabilité différente : marcher dans la rue ; jouer du piano ; voyager sans bagage ;

  • précisant la fonction du mot dépendant, les prépositions

servent à former un terme de proposition et se manifestent comme actualisateurs du mot dans la proposition. Formant un terme de proposition, les prépositions se trouvent en alternance avec une construction sans préposition. La construction sans préposition forme un Cod (travailler le fer), la construction prépositionnelle forme ou bien un Coi ou bien un Ccirc. (travailler à son ouvrage, travailler dans une usine). Un terme de proposition prépositionnel peut se détacher de l’élément régissant, se rapporter à toute une proposition ou former une proposition isolée : A ce moment, sur son bureau, un trembleur vibra. // D’où venez-vous ? – Des champs d’en bas ;

  • la préposition se manifeste comme moyen de transpositition syntaxique, de passage du mot d’une partie du discours dans une autre classe fonctionnelle. Grâce à la préposition un N peut avoir la fonction d’un Adv. (parler avec lenteur = parler lentement) ou d’un Adj. (boîte en métal = boîte métallique ).

De cette façon les fonctions grammaticales de la préposition se manifestent en ce qu’elle forme un GdM à liaison subordinatif, forme un TdP, représente un des moyens de l’actualisation du mot dans la proposition aussi bien que celui de la transposition fonctionnelle.

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3.0. Sémantique des prépositions. Le problème de la signification lexicale de la préposition inclut les aspects suivants :

  • existence même de la signification lexicale chez les prépositions ;

  • corrélation du sémantique et du formel dans l’emploi des prépositions ;

  • présence d’une signification commune chez toute préposition ;

  • la possibilité de découvrir un système des significations des prépositions françaises.

3.1. Existence de la signification lexicale. Dans la linguistique il y a un point de vue selon lequel les prépositions sont dépourvues de la fonction nominative et de la signification lexicale, que cette dernière coïncide avec la signification grammaticale. Ce n’est pas exact. La fonction (signification) grammaticale de la préposition réside dans le plan commun en expression de la liaison subordinative. Mais cette dernière peut réaliser des rapports différents : locatifs, temporels, causatifs, d’objet etc. C’est le caractère concret de cette liaison qui forme la signification lexicale d’une préposition. Dans les propositions Il vient à Paris et Il vient de Paris ; La boîte est sur la table et La boîte est sous la table le caractère des rapports locatifs (« arrivée» et «éloignement», «dessous » et «dessus») est exprimé par la préposition seule. Ces significations concrètes ne peuvent pas être rapportées aux grammaticales. Les prépositions ne sont non plus dépourvues de la fonction nominative, c’est-à-dire, celle de refléter les éléments de la réalité, mais à la différence des Adv., chez les prépositions cette fonction n’est pas autonome et ne se réalise que dans l’agencement avec des mots significatifs.

D’autre part, une préposition conserve toujours sa signification grammaticale de liaison non pas parce que A et B ne peuvent pas être liés, mais parce qu’elle ne peut pas être employée en dehors de cette liaison. Si c’est l’élément dépendant qui est absent (ArBAr), la préposition se transforme en adverbe (écrire avec). A l’absence de l’élément régissant (ArBrB), la préposition peut se transformer en particule (Pour moi, je n’y crois pas).

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3.2. Corrélation du sémantique et du formel dans les prépositions. La signification des prépositions est différente. Elle peut être concrète (p. ex. de dans arriver de Paris indique le point de repère ; pour dans venir pour saluer qn exprime le but), mais elle peut être affaiblie, voire disparaître (p. ex. de dans traiter qn  de malin , la ville de Paris ; pour dans prendre qn pour poète). De cela surgit la question de la corrélation du sémantique et du formel dans les prépositions qui a plusieurs résolutions.

Certains linguistes distinguent en français des prépositions formelles («vides», «écrasées» [ 38 ], «faibles» [ 64 ]) auxquelles ils rapportent avant tout les prépositions à et de. Mais comme nous l’avons vu pour la préposition de elle peut avoir dans certains cas des emplois sémantiques très nets. Voilà pourquoi il est plus exact de distinguer pour chaque préposition des fonctions sémantiques et asémantiques (s’il y en a).

3.3. D’ici se pose la question d’une signification commune pour chaque préposition. Il va sans dire que dans le plan diachronique une signification se formait de l’autre, mais dans le plan synchronique les recherches de la signification commune est presque toujours inutile voire impossible, voilà pourquoi il faut envisager la préposition comme un mot polysémique.

3.4. Types des significations des prépositions. Dans le plan synchronique on distingue les types de significations suivants :

a) essentielle (fonction sémantique primaire) ;

b) figurée (fonction sémantique secondaire) ;

c) fonction asémantique (où la préposition a un rôle purement structural), qui, pourtant, peut être distinctive (sert à distinguer les mots auxquels la préposition est attachée).

3.4.1. Selon leur fonction primaire les prépositions se divisent en 4 groupes :

  • locatives : à, de, contre, dans, en, devant, derrière, entre, parmi, chez, pour, sous, vers, hors ;

  • temporelles : après, avant, depuis, dès, durant, pendant ; 

  • exprimant des rapports d’objet : sans, avec, envers, par ;

  • exprimant des rapports logiques : hormis, sauf, outre (exclusion), malgré (opposition), selon, suivant (conformité).

3.4.2. Dans sa fonction sémantique secondaire la préposition est employée dans la signification propre à un autre groupe. P. ex. les prépositions locatives expriment le temps (à, de, en, dans, pour deux heures ; entre 5 et 7 heures ; sous Louis XIV ; sur les onze heures), tandis que les prépositions temporelles, au contraire, sont employées dans la signification locative (après, avant, dès, depuis). Ces deux groupes comme la troisième s’adaptent facilement à l’expression des rapports logiques. Cette transposition mène à la polysémie et à la synonymie des prépositions.

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3.4.3. Neutralisation des significations des prépositions. La polysémie des prépositions mène à l’extension de leur synonymie. Très souvent les différences paradigmatiques, significatives entre les prépositions s’effacent, leurs significations primaires se neutralisent et leur choix est déterminé de la façon purement syntagmatique. L’exemple le plus spectaculaire d’une telle neutralisation est l’emploi des prépositions locatives avec les dénominations des notions géographiques où le choix est déterminé par les particularités de l’agencement de la préposition avec le N. Ainsi, les noms des villes exigent à (à Paris), les noms des Etats – en (en France), mais les noms des Etats au masculin – au (au Japon) ; pourtant les noms des Etats au masculin commençant par une voyelle – encore en (en Iran) ; les noms des départements – dans (dans la Loire), mais les noms doubles – en (en Lot-et-Garonne).

3.4.4. Désémantisation des prépositions. Il y a des cas où les prépositions perdent leurs significations – primaire aussi bien que secondaire se transformant en signes asémantiques de la liaison structurale des mots ou de la formation des termes de proposition. Cette fonction des prépositions se manifeste:

a) auprès un infinitif. P. ex. : Je commence le travail et Je commence à travailler ; Il a refusé cet offre et Il a refusé de venir. Dans les deuxièmes cas l’infinitif est un Cod comme le N, et la préposition n’est que le moyen formel de son adjonction au verbe. La préposition est aussi asémantique dans les constructions : Il est odieux de mentir ; de mentir est odieux ; dans l’infinitif de narration : Et lui de courir ;

b) dans des appositions : la ville de Paris ; un drôle de type ;

c) dans des constructions introduisant l’attribut du sujet ou de l’objet : passer pour un savant ; qualifier qn de voleur .

3.4.5. Fonction distinctive des propositions. Jointe à un V ou a un Adj., une préposition peut servir de moyen de distinction de leurs significations. Cette fonction peut se manifester dans l’opposition présence/absence de la préposition (tenir qch, à qch) aussi bien que dans la présence de prépositions différentes (rêver à, de qch). Les prépositions précisent les significations des Adj.: susceptible et susceptible de qch, bon et bon à (pour) qch; des locutions prépositionnelles : à côté de qn, du côté de qn ; des locutions adverbiales : à l’avance, d’avance, en avance ; à côté, de côté.

3.4.6. Réalisation des significations des prépositions. La signification des prépositions dans leur fonctions sémantiques se réalise, comme celle des autres mots, dans leurs rapports paradigmatiques et syntagmatiques. A l’analyse paradigmatique la distribution de la préposition reste la même, et la substitution d’une préposition par une autre découvre sa signification, p. ex. : dans le lit et sous le lit.

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’analyse syntagmatique est basée sur la loi de la corrélation sémantique. P. ex. dans le syntagme dans la maison le N dénote une espace à trois dimensions, le sème « espace» est réalisé dans la préposition qui conserve ici sa signification spatiale de «dedans». Dans le syntagme dans trois mois le N exprime un laps de temps, le sème «espace» est éliminé de la préposition, celle-ci reçoit le sème temporel et s’emploie dans le sens figuré  de «через». Très souvent la signification de la préposition est réalisée dans sa liaison avec l’élément dépendant, mais parfois – dans sa liaison avec l’élément régissant ou avec un contexte plus large. P. ex. les prépositions avec et sans auprès un N animé dénotent «accompagnement» et «désunion» (se promener avec un ami ; aller au théâtre sans sa femme) ; avec un N concret celles-ci peuvent exprimer l’instrument (ouvrir la boîte avec un couteau ; grimper l’arbre sans échelle) ; avec un N abstrait – la manière d’action (Il avance avec prudence ; Il agit sans passion) ; dans la position détachée à la tête de la phrase – une concession ou une condition (Avec tant de qualités, il a cependant échoué ; Sans ce défaut, il serait un excellent homme). Si l’élément régissant exprime une relation, avec exprime aussi une relation (=envers) : son amabilité avec tout le monde ; être docile avec ses parents.

Le choix de la préposition peut dépendre de sa distribution. P. ex. pour l’expression des rapports instrumentaux le choix des prépositions avec, à, de, par est lié au caractère de l’élément dépendant. Si le N est abstrait ou n’exprime pas spécialement l’instrument, on emploie d’habitude par : la paix par la négociation ; envoyer qch par la poste ; devant les mots dénotant une partie du corps – de (saisir d’une main) ; à est employée dans les rares locutions avec l’article défini (pêcher à la ligne, écrire à l’encre) ; avec – dans tous les autres cas.

Cela va sans dire que le choix de la préposition est déterminé aussi par des facteurs paradigmatiques, par des nuances significatives (p. ex. s’il s’agit d’un moyen et non d’un instrument, c’est la préposition de qui est choisie).