Добавил:
Upload Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз: Предмет: Файл:
Шигаревская.doc
Скачиваний:
180
Добавлен:
04.03.2016
Размер:
17 Мб
Скачать
☆

3. Dissimilation

§ 101. La dissimilation fait de deux phonèmes identiques, se trouvant а distance, deux sons différents ; un de ces pho­nèmes change de nature. La dissimilation est le plus souvent régressive; elle affecte généralement les sonantes [r, 1]. A l'époque de la formation des langues romanes, cette modifi­cation caractérisait surtout l'espagnol (arborem>rbol, mar-morem>mrmol) l et en partie le français (peregrinum>pèle-rin, fragrare> flairer, crib rare >cribler, courvir>couloir, etc.). Le français littéraire d'aujourd'hui ne connaît pas la dissi­milation.

§ 102. Ces modifications sont d'ordre physiologique et semblent, а première vue, être pareilles dans toutes les lan­gues. Pourtant nous avons constaté dans le § 98 le caractère tout particulier de l'assimilation partielle en français. L'ac­commodation a également ses particularités dans chaque idiome. Ainsi, les voyelles russes voisinant avec les consonnes nasales subissent une nasalisation fort prononcée : êîнêа [konka], гîнêа [gonka], etc. Par contre, le français connaît de très faibles variantes nasalisées de voyelles précédant une consonne nasale dans la langue littéraire : donner [do'ne], dame ['dam].

Ceci s'explique par le fait que le russe, а la différence du français, ne possède pas de voyelles nasales-phonèmes, la nasalité n'étant pas, dans cette langue, un trait phonologi­que pertinent pour les voyelles. Il s'ensuit donc que le fac­teur phonématique règle en quelque sorte les processus méca­niques. 2

D'autre part, l'articulation vocalique en français est de beaucoup la plus forte ; c'est elle qui exerce son influence sur les consonnes, alors que l'inverse est un fait exceptionnel.

Les facteurs phonématiques entrent également en jeu pour la dilation vocalique qui porte en français sur les voyelles de différents degrés d'aperture (voir §56).

1 En espagnol, elle est toutefois progressive.

2 Л. Р. Çèн дер. Îбщая ôîнетèêа. ЛГУ. Л., 1960, § 193—194.

151

Chapitre VII

Alternance des phonèmes1

§ 103. L'alternance suppose la substitution d'un phonème а un autre а l'intérieur d'un même morphème (radical, affixe, etc.). Un morphème peut donc avoir plusieurs formes phoni­ques dans une langue donnée sans que sa valeur morphologi­que en soit détruite. L'alternance oppose deux phonèmes dans le cadre d'un même morphème qui fait partie de diffé­rentes formes d'un mot ou bien de deux mots différents. Ain­si dans les mots trotter [tKo'te] et trot Ïêî], la voyelle du radical n'est pas la même : le [o] du radical verbal alterne avec le [o] du radical du substantif. Le suffixe -ier est sus­ceptible d'avoir trois formes phoniques : le plus souvent c'est [je] — portier, moins fréquents sont [ie] ou [ije] — ouvrier. Le radical du verbe lever a deux formes différentes oщ le [æ] alterne avec le [e] : lever — lève [læ've — 'le:v], etc.

On distingue généralement deux espèces d'alternances : alternances vivantes et alternances historiques ou traditionnelles.