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☆

3. Liaison l

§ 110. Il existe en français une espèce d'alternance qui est probablement la plus particulière et qui se manifeste а l'intérieure d'un groupe accentuel. Une consonne alterne avec zéro de son (zéro phonique) : [tnwa2 a'mi ] — [tnwa kama'rad]. Cette alternance porte le nom de liaison.

La liaison est la prononciation occasionnelle d'une con­sonne а la fin d'un mot devant un autre qui commence par une voyelle. Il s'agit d'une consonne finale qui ne se prononce pas dans le mot isolé : elle est muette devant un mot qui commence par une consonne et а la fin du syntagme. La con­sonne finale en liaison devient l'initiale de la syllabe sui­vante. C'est une consonne а tension croissante.

Nous sommes de grandes*^ amies. Mais : Apportez deux grande(s) tables. Elles sont très grande(s).

La liaison est une alternance historique en ce sens qu'elle est un vestige de l'enchaînement de l'ancien français oщ toutes les consonnes finales se prononçaient dans n'importe quelle position. C'étaient, а l'époque, des consonnes а ten­sion décroissante. Devant une initiale vocalique les conson­nes finales du mot précédent s'articulaient en formant une seule syllabe avec la voyelle initiale du mot suivant. Elles devenaient alors des consonnes а tension croissante. Or, l'en­chaînement ne crée pas de sons nouveaux dans le groupe accentuel ou dans le syntagme, il ne fait que changer la na­ture articulatoire de la consonne qui se lie а la voyelle. Il existait donc en ancien français une alternance consonan-tique : consonne а tension décroissante [grdnt] — consonne а tension croissante [grdn-tami].

En vertu de la loi de la réduction des groupes de conson­nes, qui affectait ces groupes а l'intérieur d'un mot aussi bien qu'а l'intérieur d'un groupe accentuel, les consonnes finales s'amuïssaient et tombaient devant une initiale con-sonantique : le(s) livres. Elles persistaient par contre devant une initiale vocalique : les^amis. Après la chute des conson-

1 M. P. Хмелесêая. Ê îïрîсу î мîрôîлîгèчесêîé сèстеме глагîла сîременнîгî ôранцуçсêîгî яçûêа. Атîреô. дèсс. М., 1952.

160

1. P. Del at t re. La liaison en français. Tendances et classification. «The French Review», v. 21, n° 2, 1947.

161Шèгаресêая h. A.

nés finales, certains mots ont reçu deux formes phoniques : la forme absolue, la plus répandue, qui n'a pas de consonne а la finale, et une autre forme qui apparaît en cas de liaison de­vant l'initiale vocalique du mot suivant, c'est une forme а finale consonantique.

La forme absolue est caractéristique pour l'état actuel du français, c'est la forme moderne du mot. La forme en liai­son, par contre, est le reste d'une ancienne forme française.

Etant croissante, la consonne en liaison n'appartient pas, а strictement parler, au premier mot, mais bien au deu­xième, puisqu'elle forme une seule syllabe avec sa voyelle initiale. La création du pluriel zieux en français populaire, et de lа du verbe zyeuter (ou zieuter) semble en être une preu­ve évidente. Le dictionnaire Larousse donne : æil — yeux, entre quatre-z-yeux.

— Oui, mes bons amis, fini, plus d1 zieux, plus rien, un noir de four. [J. Renard)

Le phénomène se limite cependant а ce cas unique, les autres mots, tels les articles indéfinis, les pronoms-sujets, quantité de noms, etc. s'employant le plus souvent en dehors de la liaison. Il serait donc plus judicieux de considérer la consonne de liaison comme un indice caractérisant le groupe accentuel globalement.

Depuis la Renaissance, la loi de la réduction des groupes de consonnes n'est plus aussi rigoureuse. Le français tolère de nombreux groupes de consonnes dans les mots d'origine savante et les emprunts, dans les mots d'origine populaire d'ailleurs aussi en raison de la chute du e instable. La langue admet également, depuis le XIXe siècle, des suites vocali-ques :

Les faits qui contribueront а en rechercher et а en trouver

d'autres encore. Le duc d'Anjou^,avait^а^,expliquer^, ^,а sa mère que... (phonogramme).

La liaison en tant qu'alternance historique perd du ter­rain en français actuel, elle se fait de plus en plus rare dans le style parlé, et moins fréquente qu'au XIXe siècle, en style soutenu. Ainsi l'ancienne forme [nuzav5ze'te] cède sa place а une autre oщ les voyelles s'enchaînent [nuzavôe-

Че]. ~

Le caractère traditionnel et historique de la liaison se

révèle dans la qualité de la consonne qui apparaît en liaison.

162

./ •

/

. ''t.

I *

Tantôt ce sont les consonnes sourdes [t], [k], bien que le mot ait en graphie d, g : grand homme [gK'bm], long hiver [15k i've:K]. Tantôt c'est la consonne sonore [z] : dans une maison [du2 yn те'гэ]. Il y a également la consonne [v] qui n'apparaît d'ailleurs que dans deux groupements consacrés par l'usage : neuf heures [næ'v се:ê], neuf ans [næ/v d].

La prononciation des consonnes comme sourdes dans la liaison s'explique par le fait qu'en ancien français toutes les finales consonantiques étaient sourdes, les consonnes sonores du latin ayant subi l'assourdissement а la fin du mot fran­çais : grandem>grant, longus>lonc, sanguem>sanc, etc. Vers la fin du moyen ge, l'orthographe a restitué les conson­nes finales étymologiques, mais la prononciation avec liaison a gardé ses particularités.

La sonorisation du [s] est due également а l'orthoépie du préroman et de l'ancien français qui rendait tout [s] intervocalique sonore— [z]. Le français actuel, par contre, admet la consonne sourde [s] en position intervocalique — adosser [ado'se], passer [pa'se], hisser [i'se], etc. Il s'agit donc d'une tradition, d'un fait historique gardé par la lan­gue quoique son orthoépie ait changé considérablement.

Ce qui prouve indubitablement le caractère traditionnel et désuet de la liaison, c'est le grand nombre des liaisons fausses, et des cas d'hypercorrection, dans la langue parlée et surtout dans le langage des gens peu instruits. On donne а ces liaisons le nom de pataquès. Si on lie un [t] а tort, il s'agit des « cuirs ». — Qa m'est bien-t-égal а moi. (F. Mauriac)

Si c'est un [z] qui apparaît, on parle des «velours»: il est neuf7- heures, moi2 aussi.

§ 111. Il convient de classer les liaisons, en fonction de leur, rôle et de la place qu'elles occupent dans le langage, en deux groupes distincts : liaisons essentiel­lement traditionnelles et liaisons а valeur morphologique.

11*

A. Les liaisons du premier groupe sont traditionnelles du fait qu'elles n'ont aucun appui ni dans le système phonétique ni dans la structure morphologique de la langue actuelle. Elles représentent une pure et simple convention que l'école et le thétre classique s'efforcent de conserver et que la langue parlée ignore souvent complètement. Parmi les liaisons traditionnelles, rares sont celles que l'orthoépie française admet dans les deux styles. Voici les principales :

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  1. Pronom-sujet on, nous, vous, ils, elles+verbe — onévite [5ne'vit], nous étudions [nuzety'dJD].

  2. Préposition monosyllabique+article indéfini (ou subs­tantif) — dans un coin [dz oè 'kwл], en un jour [а^îб'çèгê],sans appel [s^'psl].

  3. Article indéfini du masculin (ou adjectif possessif oudémonstratif)+substantif ou adjectif — un ami [æn a'mi],un aimable garçon [oÈnemabl gan'so], cet énorme massifЬ£*еïэêт ma'sif], mon ombre [тэïэ:Ьг].

Toutes les autres variétés sont facultatives en ce sens qu'elles ne s'emploient presque plus dans le langage parlé. Pourtant elles sont fréquentes quoique non obligatoires dans le style soigné.

Parmi ces cas il convient de citer les groupes suivants :

  1. verbe auxiliaire а la lre ou а la 2e personne du pluriel+participe (nous sommes*arrivés, vous avez]'attendu),

  1. verbe modal-f infinitif (il doif\aller),

  2. négation pas+ad verbe (pasTencore),

  1. préposition polysyllabique+substantif, ou pronom(pendant*une heure, après*une visite),

  2. adverbe polysyllabique+adjectif (absolument*admira­ble, tellement*extraordinaire), etc.

La liaison essentiellement traditionnelle caractérise le plus souvent le style de l'énoncé, c'est donc une liaison а valeur stylistique.

Comparons les deux textes qui suivent :

Style soutenu Style parlé

(débit préparé) (débit spontané)

Or, tu étais^étendu а plat ven~ Nous avons=été а Péterhof.

tre sur une forte pente de nei- Nous avons=eu très froid.

ge. Nous avons—assisté auII lui faut^un outil. spectacle.

Il nous semblait que cent^esca- Je n'ai pas=encore pu...

drilles n'eussent pas^achevé le voir.1

d'explorer cet^énortne massif.

(A. de S a i n t - E x è р é ry)

La règle veut que la liaison ne se fasse qu'а l'intérieur d'un groupe accentue!. On lie d'un élément inaccentué au suivant. «On ne lie pas d'une syllabe accentuée», enseigne M. Grammont 2. A part les liaisons en [z], marquant le plu-

riel, le style parlé est fidèle а cette règle, tandis que le style soutenu admet les liaisons d'un groupe accentuel а un autre.

  • Quelque chose de doux et de précieux se b lotissait^ aucentre de toi-même.

  • Je pensais^а ma femme. — Mais ta savais^ aussi...,etc. (A. de Saint-Exupéry)

  • // ré fléchi travée sérieux. Cela montait^au ciel. Il avait^au cimetière la tombe de sa femme. Le chant de la viequi remontait^en lui. Et tout revit^autour d'elle. Ilplanait^ au-dessus de lui-même. (R. Rolland)

Le style étant le critère prépondérant, il y a toutefois d'autres facteurs non moins importants qui jouent : le fac­teur syntaxique, le facteur phonétique (accent, ton et sçns). *

I ) Ainsi des rapports syntaxiques étroitsexigent la liaison : les hommes ont^attendu deux longues^heures. Les relations entre le verbe et son complément cir­constanciel étant plus espacées, la liaison y est facultativeet ne se fait qu'en style soutenu. Et tout revit^autour d'elle.

Plus les rapports syntaxiques sont étroits, plus fréquente est la liaison. Prenons les deux phrases suivantes : un mar­chand de draps^ anglais — un marchand de draps = anglais. L'épithète du premier groupement détermine le substantif draps, forme un tout syntaxique avec celui-ci — les deux mots sont donc reliés aussi par la liaison. L'épithète de la deuxième phrase se rapportant au nom marchand, ses rela­tions avec le nom drap sont plus espacées, voilа pourquoi la liaison n'a pas lieu dans le deuxième groupement.

La liaison réunit tous les éléments d'un mot composé constituant une unité sémantique et grammaticale ; elle sert

а la consolider au niveau phonique : un pot-au-feu, les

Etats-Unis, avant-hier, un pied-а-terre, de fond en comble, etc.

II arrive aux éléments de ces mots composés d'entrer dansdes phrases а titre de mots indépendants, alors la liaison nese fait plus ou bien elle est réservée au style soutenu :

Mettre le pot = au feu, les Etats = unis dans leur lutte pour la paix, un des jours avant = hier, mettre le pied = а terre, le fond = en matière plastique, etc.

1 L'interview des sociétaires de la Comédie-Française а Radio-Moscou.

2 M. Grammont. Traité pratique de prononciation française. P.,1954, p. 129.

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1 P. Delattre en donne une analyse détaillée dans son article « Les facteurs de la liaison facultative en français » («The French Review », v. 29, n° 1, October 1955). Cf. M. Cohen. Nouveaux regards sur la lan­gue française. P., 1963, pp. 108— U2.

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2) Le facteur phonétique veut qu'un mono­syllabe se lie plus facilement qu'un polysyllabe : en^un jour cf. pendant = un jour.

Un mot inaccentué n'étant pas porteur d'un ton spécial, se lie facilement (telles les conjonctions de subordination), alors qu'un mot accentué ayant souvent un ton particulier (tels les mots interrogatifs), ne se lie presque pas :

— Je sais quand^il vient. — Quand = arrives-tu ?

La liaison est plus fréquente après une voyelle qu'après une consonne — nous partons^ ensemble, ils reviennent = ensemble. Elle est plus souvent attendue après une seule con­sonne qu'après deux, cela concerne le style soutenu : ils vivent^ encore, ils dorment = encore. Elle se fait plus facile­ment entre deux voyelles identiques qu'entre deux voyelles différentes, etc. — vous avez^été, mais — nous avons = été.

B. Les alternances historiques sont souvent utilisées par la langue а des fins grammaticales. Telle est, par exemple, la flexion intérieure des verbes dans les langues germaniques.

En sa qualité d'alternance historique la liaison en [z] a commencé depuis longtemps а assumer les fonctions du plu­riel. Témoin cette phrase tirée de « Colas Breugnon » de Ro­main Rolland qui avait tenté, non sans succès d'ailleurs, d'imiter la langue de l'époque :

•Enfin nous rendre maîtres de la terre de France, du feu, de Veau, de l'air, des quatre2 éléments et les faire ser­vir а votre amusement.

Ou bien ce vers de la « Chanson de Malbrough » du XVIIIe siècle :

// fut porté en terre \\ par quatre-z-officiers.

Au XVIIe siècle également on disait couramment : mille-z-amitiés. 1 Le nom donné а une fête annuelle du Quartier latin « Le bal des quat'z Arts » date de la même époque. Un autre exemple nous est fourni par Balzac dans les paroles de M. des Grassins (« Eugénie Grandet ») : « ...il est neuffe-s-heures ».

Le fait que la liaison apparaisse lа oщ le mot en liaison ne comporte aucun s est un témoignage de haute importance.

C'est que le son [z] devient un indice autonome du plu-

1E. Tappolet. Hiatusfurcht und Wohllauttheorie. «Die neueren Sprachen», Bel. 40, H. 7, 1932.

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riel. Certains linguistes l'ont baptisé du nom « infixe du pluriel» puisqu'il se manifeste а l'intérieur d'un groupe accentuel, а la limite de deux mots au pluriel (Ch. Bally). De toute façon, plusieurs spécialistes se prononcent en faveur de cette fonction de la liaison qui se répand en français mo­derne. « Les liaisons qui sont stabilisées prennent de plus en plus l'aspect de caractéristiques grammaticales» (M. Cohen). Dans le verbe, il arrive а la liaison de remplir а elle seule la fonction du pluriel : il avait — ils^ avaient, il était — ils^étaient, il allait — ils^ allaient, il écoutait — ils^'écoutaient, etc.

La même chose se produit pour le nom. Néanmoins d'au­tres indices s'y ajoutent souvent : leur ami — leurs^amis, cet ami — ces^amis, l'artiste — les^ artistes, mon arme — mesdames, de grands^ ennemis, d'autres"^indices, etc.

La liaison а valeur morphologique du pluriel s'établit de nos jours entre le substantif (déterminé) et l'adjectif (dé­terminant) en postposition, c'est-а-dire entre deux groupes accentuels : des camps^ennemis, des grandes villes^européen­nes, ces mesures^antidémocratiques, des lignes^* aériennes, com-bien d'étoiles^ éteintes, des creations'^imaginaires, les amis^ intimes, ses poumons^ intacts, les forces^ ennemies, les préoc-^ cupations^étrangères, des puissances^inconnues, les germes^ intérieurs, etc.

Pourtant, cette liaison ne se faisait pas au XVIIe siècle suivant Th. Corneille et Hindret. F. Brunot la condamne dans « La pensée et la langue » (1922) : « On dit des roses^4 épanouies, des hommes^éminents sans paraître se rendre compte combien cette affectation est contraire а l'harmonie en même temps qu'а la vraie tradition ». En 1956, dans son « Traité de prononciation française », P. Fouché la si­gnale parmi celles qui se font seulement en style soutenu.

De nos jours, cette espèce de liaison affecte également les deux styles et devient l'indice du pluriel du groupe en­tier.

La liaison.а valeur grammaticale est d'une portée excep­tionnelle dans le français actuel. Il lui arrive même d'enfrein­dre ses propres règles. Ainsi, la liaison ne se fait pas après [r], on l'évite également après d'autres consonnes. Elle cède sa place а l'enchaînement (voir § 93) — ver(s} elle, nor(d)-est, nous somme(s) arrivés, etc. Or, quand la notion du pluriel l'emporte, la liaison se fait même après [r] — cf. un ver(s) harmonieux — des vers^harmonieux (exemple emprunté а Ch. Bally), leur^assiette — leur s^ assiettes. D'autres exem-

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pies : vous ête(s) Italien ? — vous êtes^ Italiens ?, il arrive — ils^arrivent, etc.

Il existe certaines liaisons qui mettent en relief les diffé­rences sémantiques : deux mots de forme semblable, mais de sens différent se distinguent néanmoins phonétiquement l'un de l'autre en ce sens qu'un de ces mots est susceptible de se lier, alors que l'autre ne se lie jamais. Soit, les^auteurs — les = hauteurs, un^étre — un = hêtre, en^eau — en = hauty des^ aches— des = haches, les^eaux — les = hauts, etc.

§ 112. Les consonnes que la liaison fait reparaître sont : [t, k, z, v, n, p, r]. Les liaisons en [k] [v], [n], [p] sont loin d'avoir l'universalité des liaisons en [t] et [z], elles n'affectent que certains groupes bien déterminés. Ainsi pour [k] ce sont : long^hiver, long^effort, de long^en large, sang^impur, sang^et eau, sang^humain, franc^ archer.

Le [v] apparaît seulement dans deux combinaisons: neuf ^heures, neuf^ans (cf. la neuvaine, le neuvième).

Le [n] est plus fréquent du fait qu'il se trouve, de par son étymologie, dans les monosyllabes inaccentués : on, mon, ton, son, bon, en, un, etc., et dans quelques adjectifs employés souvent en préposition, tels que certain, vilain, plein, ancien, moyen, etc.

Certaines voyelles nasales précédant le son [n] en liaison sont susceptibles de se dénasaliser. Ce sont les voyelles [л] et [5], cette der­nière est sujette а la dénasalisation dans un nombre fort restreint de combinaisons, telles que — bon ami [bona'mi], bon élève [bons'le:v]. La prononciation ton ami [tona'mi], etc. est plutôt familière.

On ne dénasalise pas le [5] dans le pronom on : on a dit [5na'di].

Pour [ê]>[en] : en plein air [dple'nЈ:r], le moyen ge, an ancienami, un vain espoir, etc. La dénasalisation affecte également l'adverbebien précédant un adjectif: il est bien aimable [il^e-bjeVmabl ]. Icielle est plutôt familière. A

La liaison en [p ] est rare. Elle n'affecte que deux mots : trop, beaucoup, et encore se manifeste-t-elle seulement en style soutenu : trop """aimable, beaucoup^а faire.

Pour le [r], il s'agit des adjectifs premier, dernier — premier^avril, dernier^appel. Dans les vers et au thétre ainsi que dans le style oratoire, on lie l'infinitif des verbes du premier groupe — me venger^un jour, venger^et punir, me-ner^un combat.