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☆

§ 145. La mélodie de certains types de syntagmes deman­de une explication а part.

1. La négation et l'affirmation au début de la phraseconstituent toujours une partie descendante, si elles formentun syntagme а part :

Non, \ je ne l'ai pas vu. \\ Bien sur, \ on va partir. \\ Oui, \ on reviendra. \\

2. Le mouvement musical du syntagme que forme l'ap­position dépend de la place qu'elle occupe dans la phrase.A la fin de la proposition, le ton est bas et il descend nette­ment а la dernière syllabe (fig. 31, 1). Au milieu de la pro­position le ton est bas, mais il monte légèrement а la der-

1 Voir d'autres variantes mélodiques de rénumération dans le livre de H. N. Coustenoble, L. E. Armstrong. Studies in French In­tonation. Cambridge, 1934, p. 226 (No. 400, etc.)

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1 Ê- Ê- Б арû ш н è êî а. Ê îïрîсу îбученèя èнтîнацèè ôран­цуçсêîгî яçûêа. «Èнîстраннûе яçûêè шêîле», 1960, № 2.

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nière syllabe comme s'il reprenait le mouvement musical de la phrase qui ne touche pas encore а sa fin (fig. 31, 2). 3. Les apostrophes, au début de la phrase, forment un syntagme au ton ascendant, par exemple :

Marie î , viens vite. \\ Monsieur, f а quelle heure comptez-vous rentrer ? \\

vo

A la fin de la phrase, c'est un syntagme au ton descen­dant, comme n'importe quel syntagme clôturant une propo-

2.jevij votrami ' mcesUA pnï-dr lætrc'

Fig. 31. Schéma mélodique des phrases contenant une apposition : 1. — J'ai 'vu votre a'tni, Mon­sieur 'A; 2. — J'ai 'vu votre a'mi, Monsieur 'A, prendre le 'train.

sition а moins que ce ne soit une proposition interrogative ou exclamative. Citons un exemple tiré d'une nouvelle de A. Daudet :

Voile-toi la face, \ 6 Muse des comices agricoles. \ \\

4. Une incise peut avoir deux schémas mélodiques. Sa mélodie est indépendante de celle de la phrase dont elle fait partie. C'est la mélodie d'une phrase а un membre quand elle présente une coordonnée ou une juxtaposée (voir § 136, 11).

Par ailleurs, la mélodie de l'incise fait corps avec l'in­tonation de la phrase. Elle est prononcée sur un ton bas, le plus souvent suivi d'une légère montée vers la fin pour re­prendre le mouvement mélodique de la phrase. Le rythme de l'incise est plus accéléré que celui du reste de la phrase. Donnons un exemple :

Apres un voyage interminable — cinq longs jours — notre train s'arrêta а Guérêt. \\

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1

b. Propositions interrogatives (directe^)

§ 146. Le mouvement musical d'une proposition interro­gative dépend, primo, de la portée de l'interrogation, et, secundo, des procédés d'interrogation utilisées dans la phrase.

L'interrogation porte soit sur le prédicat ou sur l'ensem­ble de la phrase (question totale), soit sur quelque autre ter­me de la proposition (question partielle). Les procédés de l'interrogation varient dans les deux groupes de proposi­tions interrogatives. Quand il s'agit du prédicat, l'interroga­tion est marquée tantôt par l'inversion du sujet, tantôt par la particule (formule) interrogative est-ce que, combinées toutes les deux avec un ton particulier, tantôt par la mélo­die seule qui reçoit alors une valeur syntaxique vu l'ordre direct des mots que conserve la phrase.

Si l'interrogation porte sur quelque autre terme de la proposition, elle est exprimée généralement par des termes interrogatifs qui se combinent avec d'autres procédés gram­maticaux tels que l'inversion et la particule interrogative est-ce que. La question partielle reçoit également une mélo­die spéciale.

Le fait que la phrase est interrogative influe dans tous les cas sur la hauteur musicale de la phrase. Mais le contour du mouvement musical (le début et la fin) varie néanmoins considérablement d'une espèce de phrase а une autre, en fonction de la place des mots qui constituent l'élément sé­mantique capital de la question. Les procédés essentielle­ment grammaticaux le mettent généralement en relief. Le linguiste russe A. Pechkovsky a eu grandement raison d'in­sister sur le fait que les moyens grammaticaux, lexicaux et phonétiques sont interchangeables dans l'interrogation. l Quand ce sont les premiers qui se chargent de marquer la question, le ton joue un rôle secondaire ; а la fin de la phrase, il diffère bien peu de celui de la proposition énonciative. Par contre, c'est lui qui révèle le caractère interrogatif de la proposition oщ l'ordre direct des mots est respecté.

Toutes les phrases interrogatives ont ceci de commun qu'elles marquent du ton le plus haut celui des mots de la phrase, qui est essentiel pour l'interrogation. Par exemple : Par tiras-tu demain pour Paris ? \\ Partiras-tu demain pour Paris ? Il

1 A. M. Ïешêîсêèé. Руссêèé сèнтаêсèс научнîм îсещенèè. 1963, стр. 353.

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§ 147. Dans les phrases interrogatives oщ Tordre direct des mots est respecté, le ton assume seul la fonction gramma­ticale d'interrogation. C'est lui qui marque le caractère in-terrogatif de la phrase. Il est toujours montant. Le point le plus haut caractérise généralement la dernière syllabe de la phrase parce que le plus souvent c'est elle qui fait partie du mot constituant le noyau sémantique de l'interrogation. Le ton а la fin de la dernière voyelle monte d'une octave l par rapport а son début. La montée est brusque, rapide et très considérable. Nous citons ci-dessous deux phrases em­pruntées а V. Pinaïeva :

1) Ça dépend de nous ? \\ 2) Le docteur n'est pas venu ? || (fig. 32). 2

Fig. 32. Schéma mélodique des phrases interrogatives 1 et 2

Généralement la hauteur du ton, dans le syntagme, se maintient а peu près au même niveau jusqu'au dé­but de la dernière syllabe, sur laquelle le ton monte rapidement. C'est ce con­traste entre la hauteur des syllabes précédant la finale et celle de la finale qui met en relief l'interrogation dans la question générale (mélo­die montante). M. Grammont

estime que les phrases interrogatives dont l'ordre de mots ne diffère pas de celui d'une proposition énonciative commen­cent « d'ordinaire environ une quarte plus haut que la phrase énonciative correspondante » '3.

Dans la langue parlée, cette espèce de question devient de plus en plus usitée, elle se répand au détriment des autres types (question avec inversion, question comportant la par­ticule interrogative est-ce que).

Or, il arrive que la montée du ton dans l'élément final soit suivie d'une descente sur la même syllabe, ce qui, selon V. Pinaïeva, s'explique par le fait que la question suggère la réponse, dont celui qui questionne est plus ou moins sûr.

1 Pour indiquer les intervalles de hauteur on se sert en phonétique determes employés en musique : octave, tierce, etc.

2 B. M. Ïèнаеа. Èнтîнацèя îïрîсèтельнûх ïредлîженèé îôранцуçсêîм яçûêе. «Ученûе çаïèсêè I МГÏÈÈЯ», т. 18, 1960.

3 M. Grammont. Traité pratique de prononciation française, P.,1954, p. 183.

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I octave

Ul/j a d e ê î m y ni Јt_ a tr

"tierce ^^ ~~^ __ quinte

a el Kævu fett iitvo êî fi d a s

Fig. 33. Schéma mélodique des phrases interrogatives 1 et 2

II se peut que le mot-noyau sémantique de l'interroga­tion ne se situe pas а-la fin de la phrase, qu'il y ait d'autres mots qui le suivent. Alors, la phrase comporte deux points très hauts : le mot en question et la dernière syllabe de la phrase. Témoins ces deux phrases comportant une mélodie « montante-descendante-montante » : l) II y a des communis­tes entre eux ? \\ 2) C'est а elle que vous faites toutes vos con­fidences? || (fig. 33). x

Cependant la deuxième partie comporte souvent une des­cente (fig. 34), c'est qu'elle ne fait qu'ajouter des idées accessoires peu importantes ou bien déjа connues sur lesquel­les l'interrogation ne porte pas ou bien n'insiste pas (mélo­die « montante-descendante »). 2

lljade êîтлу nlst

Fig. 34. Schéma mélodique de la

phrase interrogative : II y a des

communistes entre eux ?

§ 148. La phrase qui com­porte la particule interrogative est-ce que a son point le plus haut sur la formule interroga­tive. Le mot qui est le centre (noyau) sémantique de la phrase est mis en relief par un ton élevé. La phrase constitue d'or­dinaire une partie descendan­te : Est-ce que vous partez ? \\

Citons d'autres exemples du même genre :

  1. B. M. Ïèнаеа. Èнтîнацèя îïрîсèтельнûх ïредлîженèé îôранцуçсêîм яçûêе. «Ученûе çаïèсêè I МГÏÈÈЯ», т. 18, 1960.

  2. ibid.

15 Шèгаресêая Н. А. 225

Est-ce que cela vous plaît ? || Est-ce qu'il est heureux ? \\ Est-ce qu'on revient tard ? \\ Est-ce que vous fumez ? \\ Est-ce que c'est défendu ? \\ etc.

Généralement, la première voyelle de la particule inter­rogative est-ce que est prononcée sur un ton élevé, elle est plus forte et plus longue que sa deuxième voyelle.

La phrase peut comporter un deuxième noyau sémantique également important pour l'interrogation. Alors, il y a deux points élevés en plus dont le dernier, а la fin de la phrase, atteint un point plus haut : Est-ce que vous partez demain ? ||

Si toutefois l'interroga-

<-/"—-n — . - _<^ tion ne porte que sur le