Добавил:
Upload Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз: Предмет: Файл:
Шигаревская.doc
Скачиваний:
180
Добавлен:
04.03.2016
Размер:
17 Мб
Скачать
☆

§ 113. La liaison a contribué а donner deux formes dif­férentes а un même mot. Tel est, par exemple, le cas des ad-

jectifs numéraux dont quelques-uns ont même trois formes : six, dix ['sis], ['dis] — formes absolues а la fin du groupe ac-centuel nous sommes six (dix) ; [si], [di] — devant un mot а l'initiale consonantique six (dix) cahiers', [siz], [diz] — devant un mot а l'initiale vocalique six (dix) ans. L'adjec­tif numéral neuf reçoit deux formes en liaison. La plus utili­sée c'est la forme absolue [næf] — neuf enfants. La forme [næv] n'apparaît que devant deux noms ans et heures: [næ/vd | 'næ'væ:K]. D'autres adjectifs numéraux n'en ont que deux qui présentent néanmoins des cas particuliers. Pour deux, trois la forme absolue est également celle qui se trouve devant une initiale consonantique ['d0— 'tKwa] : nous sommes deux (trois), j'ai deux (trois) livres. La forme en liaison est [d0z — tbwaz] : j'ai deux (trois) amis. Pour cinq, sept, huit la forme absolue en fin du groupe accentuel coïn­cide avec celle qui se trouve devant une initiale vocalique ['ss:k — 'sst — 'qit] : nous sommes cinq (sept, huit) ; il y a cinq, sept, huit années. Par contre, devant une initiale con­sonantique, ces adjectifs ont une autre forme [se — se — qi ] : cinq (sept, huit) baguettes.

Le français parlé a une certaine tendance а adopter par­tout une seule forme, la forme absolue accentuée. Elle se répand de plus en plus lorsqu'il s'agit de sommes d'argent, de dates et devient générale ; neuf cents francs, le sept jan­vier, dix-neuf cent cinquante. Pour les années, toutefois, cet emploi de forme absolue n'affecte que le siècle courant. On continue а dire dix-hui(t) cent treize.

Par ailleurs, on préfère également la forme absolue sur­tout pour sept et neuf, tandis que l'emploi de cinq est loin d'être général :

  • Nous avons ergoté neuf mois avant de vous livrer Jeanne.

  • Neui mois, c'est vrai. (J. A n î u i 1 h, « L'alouette »)Après cinq jours. A quatre-vingt-dix pour cent en neuf

mois, etc.

L'adverbe plus peut avoir deux prononciations différen­tes : [ply] — devant consonne et а la fin du groupe accentuel plu(s) grand, je nesaisplu(s) ; [plyz] en liaison plus^aimable. Quand plus est signe de l'addition, il a sa forme absolue [plys]. Or, cette dernière forme tend а l'emporter en français parlé toutes les fois qu'il s'agit de plus adverbe de quanti­té — forme accentuée. — Je te croyais tout au plus un peu boudeur. Que voudrait-elle de plus ? (J. Renard). C'est un coup de pfes porté aux fauteurs de guerre. (R. Die n). Et

169

puis en plus ce sont des æuvres importantes (J. I î n e 1). C'est plus que de Vadmiration (. r e t t i). ... qui était plus que désobligeante (J î u g 1 e t). Et tu marchais... chaque jour un peu plus. (A. de Saint-Exupéry)

Par contre, plus en tant que mot-outil servant а former le comparatif et le superlatif des adjectifs et des adverbes garde les deux formes [ply] et [plyz]. Dans la négation ne ... plus, il est [ply], aussi bien que dans la locution plus... plus (le premier adverbe peut avoir d'ailleurs, s'il se trou­ve devant une voyelle, la forme en liaison [plyz]). Il a pour­tant encore une forme [plys], par exemple, le plus-que-par­fait, « La plus que lente » (une valse de Saint-Saлns), sans parler de plus [plys] comparatif de l'adverbe beaucoup (en style parlé).

Chapitre VIII

Phonétique syntactique*