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1. Vocalisme1

a. Caractéristique générale

§ 30. C'est la voix qui est а la base de toute voyelle. Le timbre de la voyelle qu'on appelle également «caractéris­tique » se forme dans les caisses de résonance ou les résona­teurs, tels que la cavité buccale, la cavité nasale, le pharynx (fig. 5). La voix uniforme qui est le résultat de la vibration des cordes vocales monte par le pharynx dans la cavité buc­cale, parfois dans la cavité nasale en même temps, oщ elle reçoit des caractéristiques supplémentaires (oщ se forment les fréquences constituant les formants de la voyelle) grce aux différentes formes que prend le résonateur. Ce sont les organes actifs de la parole — la langue, les lèvres et la mchoire in­férieure qui modifient la forme des caisses de résonance. Par­mi les organes actifs, il importe de signaler le voile du palais qui fait valoir une caisse de résonance supplémentaire — la cavité nasale. Voilа pourquoi la classification physiologique des voyelles d'après la position de la langue (niveaux horizon­tal et vertical), des lèvres et du voile du palais au moment de l'articulation est considérée comme la meilleure au point - de vue pratique.

La caractéristique acoustique d'après la fréquence n'étant pas assez explorée, les dénominations de « clair » et « aigu », par exemple, a clair, a aigu, pour le [a] antérieur, et celles de « sombre » et « grave », par exemple, a sombre, a grave, pour le [a] postérieur, restent obscures et par cela même déconseillées.

Dans la caractéristique d'une voyelle française il faut te­nir compte de quatre facteurs physiologiques.

1 Les ouvrages essentiels а consulter : Л. . Щ е р б а. Ôîнетèêа ôранцуçсêîгî яçûêа. Èнîèçдат, M., 1953, § 28—54, § 56, § 58—66; А. Н. Раïанîèч. Ôîнетèêа ôранцуçсêîгî яçûêа. М., 1969, стр. 124—178; M. Grammont. Traité pratique de prononciation française. P., 1954, pp. 11—52; P. Fouché. Traité de prononciation française. P., 1956, p. IX—XVIII, 1—230; H. S ten. Manuel de phonétique fran­çaise. K0benhavn, 1956, ch. I; G. Gougenheim. Eléments de phono­logie française. P., 1935, ch. II; A. Martinet. Remarques sur le système phonologique du français. « BSL de Paris», t. 34, 1933; M. Mal m b erg. Observations sur le système vocalique du français. «Acta linguistica », v. 2, f. 4, 1940—1941; G. Straka. Système des voyelles du français moderne, « Bulletin de la faculté des lettres de Stras­bourg», v. 28, nos 4_7, 1950.

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1. La position du dos de la langue par rapport au palais.Si le dos de la langue est abaissé, la voyelle est dite î u-verte. Si le dos de la langue est levé vers le palais durou mou, la voyelle est dite fermée.

Il importe de tenir compte aussi de l'ouverture buccale dont dépend le caractère ouvert ou fermé des sons. C'est l'écartement des mchoires ou, plus strictement parlant, l'abaissement de la mchoire inférieure qui détermine le degré de l'ouverture buccale.

  1. La position de la langue par rapport aux dents. Quandla langue est massée vers l'avant de la bouche, il s'agit d'unevoyelle antérieure. Quand, par contre, la langue estretirée des alvéoles et qu'elle articule а l'arrière de la bouche,il se forme une voyelle postérieure1.

  2. Le jeu des lèvres. Si les lèvres ne sont pas avancées,il se forme une voyelle non labiale ou non ar­rondie. Si les lèvres sont avancées et arrondies ce quinon seulement modifie la forme du résonateur constitué parla cavité buccale, mais en crée un supplémentaire entre lesdents et les lèvres, il se forme une voyelle labiale ouarrondie.

  3. Le jeu du voile du palais. Quand le voile du palais estlevé fermant le passage dans la cavité nasale, il se forme unevoyelle orale. Quand le voile du palais est abaissé laissantl'air passer aussi par la cavité nasale, il s'agit d'une voyel­le nasale.

Ces quatre traits constituent la caractéristique différen­tielle de toute voyelle française ; ils sont а la base des oppo­sitions phonématiques du vocalisme français.

§ 31. Les voyelles se réalisent dans la chaîne parlée sous forme de variantes qui dépendent plus ou moins des sons environnants et de l'accent. Les voyelles ont leur position forte sous l'accent. La voyelle peut se trouver alors а l'état isolé ou devant une consonne allongeante ou encore dans la syllabe ouverte. La position faible c'est la place de la voyelle dans une syllabe inaccentuée, ouverte ou fermée. Ons'aper-

1 Cf. « Toute voyelle exigeant un soulèvement de la langue, les voyel­les pour lesquelles le point maximum de soulèvement lingual se trouve dans la partie antérieure sont dites antérieures; les voyelles pour lesquelles le point maximum de soulèvement lingual se trouve dans la partie postérieure sont dites postérieures». (P. Fouché. Traité de prononciation française. P., 1956, p. XI).

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coit alors des différences plus ou moins marquées dans son articulation par rapport а la voyelle accentuée. Par exemple, [o] non accentué est plus ouvert qu'un [o] accentué : faux ['io] — faucille [fç/sij]. Ou bien — le phonème Û est long devant un [ê] et bref devant un [t] : or ['э:], dot ['dot], etc.