Добавил:
Upload Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз: Предмет: Файл:
Шигаревская.doc
Скачиваний:
180
Добавлен:
04.03.2016
Размер:
17 Мб
Скачать
☆

§ 17. Signes de transcription. Nous plaçons ci-après les caractères employés dans le manuel ; les mots mis en regard renferment les phonèmes transcrits.

Vo y el 1 es

-vide -dé

  • dette

  • date

  • lutte

  • deux

  • demeure

  • doute

Ш -[el -

M • [a] -

[y] -

[0] • [æ].

[o] — dos [o] —dot [a] — pas [d] — camp [ô] —bond [I] - fin [æ] — brun

Ll-r i

L v J

[ ' ] — placé derrière une consonne, correspond а un son palatalise (mouillé) : situer [s'i'tqe]. placé sous [1] ou [r], marque une variante sourde du phonème: oncle ['5:kl], mettre ['metjl. désigne une consonne sourde douce dans l'assimila­tion : une grande famille [yn gKd.d fa'mij ]. désigne une consonne sonore forte "dans l'assimila­tion : une petite biche [yn pætit 'bij].

• sous la voyelle sert а noter une variante fermée :efficace [sfi'kas].

sous la voyelle sert а noter une variante ouverte : déterminer [dgtsKmi'ne ].

• placé devant la syllabe, désigne l'accent du groupe :je veux bien [306 v0 'bjл].

désigne l'accent logique : renfermer ["êаЛеê'те].

• ton montant : nous partons ? [nu panto \ ].•ton descendant : nous lisons [nu li'zSj, ].

• pause du syntagme non final : dans deux jours jereviens [dd d0 'çè:ê|çсе Kæ'vjs||].

pause finale (de la phrase).

  • indique la liaison : trois^amis.

  • marque la liaison facultative : il n'est pas\ arrivé.•marque l'omission de la liaison: pas = encore.

  • indique l'enchaînement : pour^amis.

Consonnes

[p] — parc [b] — banc [t] — temps [d] — danse [k] — qui [gj — gant [f] — fait [v] — vin [s] — son [z] — rosé

[Л —chant 3] —juge m] — mont n] — nord n] — signe 1] —lait ê] — rare j] — feuille q] —huit w] — oie

Autres signes utilisés dans la transcription : [ : ] — sert а représenter la durée d'une voyelle ou d'une

consonne: rosé ['ko:z], formidable [fioimii'dabl]. [.] —représente la demi-durée d'une voyelle: penser [pd.'se].

36

Chapitre II

Orthoépie du français1

§ 18. Etant donné qu'une langue est un moyen de com­munication entre les hommes, il est évident qu'elle doit avoir ses règles de prononciation plus ou moins strictes. D'ailleurs il en est de même pour la grammaire et le vocabu­laire. Le manque d'unité dans ce cadre porterait un grand préjudice а la fonction principale de la langue.

L'ensemble de règles de la prononciation standardisée, dite littéraire, а une époque donnée est étudié par une des branches de la phonétique nommée orthoépie (du grec: 'opQoa+'етгîа— correct+discours). On emploie ce même terme — orthoépie — pour désigner l'ensemble même des règles de la prononciation régulière, unifiée d'une langue.

Le rôle de l'orthoépie peut être comparé а celui de l'or­thographe, l'une ayant trait а la langue parlée, l'autre — а la langue écrite. Il est nécessaire de respecter l'une et l'autre pour assurer la compréhension mutuelle. Ainsi, la voyelle non accentuée du mot donner [do'ne] prononcée avec un cer­tain relchement qui est propre а l'articulation russe donne­rait [da'ne] damner ce qui amènerait une équivoque; cf. aussi : complément — compliment, déférent — différent, il partait— il partait, etc.

§ 19. La norme orthoépique du français moderne a pour base la prononciation standardisée du nord de la France dont le centre est Paris. Cela s'explique par le rôle que le dialecte de l'Ile-de-France, le francien, a joué dans la formation du français, langue nationale.

Ayant plusieurs variantes et de nombreuses déviations, la prononciation française est toutefois beaucoup plus uni­fiée que, par exemple, celle de l'Italie, autre pays de langue romane. Ceci est dû а ce que la centralisation du pouvoir a

1 Principaux ouvrages а consulter : Л. . Щ е р б a. Ôîнетèêа ôран­цуçсêîгî яçûêа. Èнîèçдат, M., 1953, § 1—13; P. Pa s s y. Les sons du français. P., 1913, pp. 9—10; P. Fouché. Les diverses sortes de fran­çais au point de vue phonétique. «Le français moderne», n° 3, 1936; G. Straka. La prononciation parisienne, ses divers aspects. «Bulletin de la faculté des lettres de Strasbourg», n°s 5—6, 1952.

38

été beaucoup plus intense en France qu'aux Apennins. L'Ile-de-France a su de bonne heure subjuguer toutes les autres provinces, et, depuis le moyen ge, n'a cédé а aucune autre son rôle prépondérant dans l'économie et la politique du pays.

La prononciation des autres régions de la France est con­sidérée comme dialectale, non orthoépique. Les prfncipaux écarts, ce sont les vestiges de l'ancienne prononciation du dialecte parlé autrefois dans le pays. Certaines traces de la prononciation dite dialectale se retrouvent dans le parler des habitants des villages et des bourgs plus ou moins éloi­gnés du centre, situés dans les régions oщ les dialectes sont encore en vigueur, telles, par exemple, la Lorraine, la Nor­mandie, etc. l

Ainsi dans les dialectes picard et wallon subsiste le [г] que le francien a développé au cours de son histoire en [d] : les habitants de ces anciennes provinces prononcent donc gens [33], folement [folms], torment [torms]— avec [л], etc. Le lorrain, par contre, a une prédilection pour le [e] fermé étymologique : ta terre [ter] ; les dialectes de l'ouest — pour le [u] : [îlur] pour fleur, [sul] pour seul, etc.

Néanmoins les différences dialectales — vestiges d'an­ciennes divergences bien marquées qui opposaient, naguère, les uns aux autres divers dialectes de la France féodale — ne sont plus aussi saillantes dans le français d'aujourd'hui. Leur nivellement, qui a commencé а l'époque de la forma­tion de la langue nationale, se poursuit а pas de géant, grce а la radio, au cinéma sonore, grce au développement extra­ordinaire du discours public.

C'est la prononciation du Midi dont les habitants avaient parlé au moyen ge la langue provençale, qui dévie le plus de la prononciation du nord par son intonation montante, qu'on appelle souvent « chantante » 2. Les méridionaux n'ob­servent pas la longueur, dite rythmique qu'on trouve dans le parler du nord — un jour [& 'sur], des poires [de pu'ar]. Ils prononcent les consonnes nasales, appendices des voyel­les nasalisées —on est content [эï^е lon'tcin] et ne réduisent pas le son e instable — cent cinquante mètres [sein ssnkntæ

1 Voir la transcription du débit des paysans normands dans les nou­velles de G. de Maupassant : Vous m'aviez pris pour pu de chinquanteécus de fourrage avec une vaque.

2 Voir maintes remarques sur la prononciation méridionale dans leroman «Enfance» par P. Vaillant-Couturier, dans «Les Thibault» parR. Martin du Gard.

39

'metræ]. L'accent mélodique fort prononcé du Midi permet de garder intactes toutes les voyelles non accentuées. Voici la prononciation du mot [niDnse'jiær ] pour monsieur. Le Midi a une prédilection bien marquée pour la voyelle Û au dé­triment du [o] : chose [Jos], autrement [otræ'mdn], côte ['kot], gauche ['goj], etc.

Citons un exemple littéraire :

— Quilleneuf venait d'entrer. Il fit le tour des groupes,distribuant ses bourrades et ses poignées de main :«Comment va?» Il n'attendait jamais le tradition­nel : « Et toi ? » Hiver comme été, il répondait d'avan­ce : « Chodement, hé ? ».. Sa voix chantante de méridionalpossédait une vertu entraînante. (R. Martin duGard, « Les Thibault »)

Citons un fragment de la nouvelle de Daudet récitée par Fernandel, acteur français d'origine méridionale :

Les vieux

— Il faut que tu me rendes un service. Tu vas fermer tonmoulin pour un jour et t'en aller tout de suite а Eyguiè-res... C'est un gros bourg а trois ou quatre lieues dechez toi, — une promenade. En arrivant, tu deman­deras le couvent des Orphelines.

Tu entreras sans frapper... Et, en entrant, tu crieras bien fort: «Bonjour, braves gens ! Je suis l'ami de Maurice ».

[le v]0]

[il Jo kæ ty mæ rdnd^æ servis II ty va ferme 15 mulsn pur^æsur^^e tdnale tu dæ sqit^a egjer || setôe gro bui^a trwa u katræ Ij0 dæ Je twa — ynæ promænad || anarivmT'ty dæmdndæra læ kuvdn dezorfælin || ty dntræra sd frape || e dndntrdn ty krira bjs for Ьэïçèг bravæ sdn || 506 sqi lami dæ moris || ]

§ 20. Les règles orthoépiques d'une langue se forment petit а petit avec le développement de la langue même et changent plus ou moins lentement au cours des siècles. La prononciation orthoépique du français moderne s'est cons­tituée а l'époque de la normalisation du français, vers le XVIIe siècle.

L'ancien français avait sa prononciation а lui dont les règles différaient de celles du français moderne. En voilа

40

'H'

V

quelques traits essentiels. La langue était riche en diphton­gues et en triphtongues — au XIe siècle elle avait 12 diphton­gues et 3 triphtongues. Le timbre des voyelles était déter­miné par leur origine. Ainsi, l'adjectif vert avait un [e] fermé du fait qu'il remontait а [i] du bas latin < vïrïdem. Les consonnes finales étaient toujours sourdes — sane, lone, grant. Nous en gardons une preuve indéniable dans la liai­son : sang et eau [sdk e 'o], long hiver [№ î'vs:k], grand homme [gKd'1 om]. L'ancien français palatalisait les con­sonnes suivies de voyelles antérieures, etc.